Abbaye Sainte-Marie-du-Désert

BP 27  - 31530 LEVIGNAC - Tph :  05 62 13 45 45 – Hôtellerie : 05 62 13 45 43 - Fax : 05 62 13 96 10

                                                           Son histoireLa visiter - La vie monastique - Bhx M-J CASSANT
 Page d' accueil
Bienvenue
S'y rendre

Y séjourner

Les actualités
Les homélies
Laics  associés
du Désert
Le livre d'OR
 Les e-cartes du monastère

 Nos activités économiques

 

Son existence

 

La vie de Joseph Cassant, né le 6 mars 1878, s'est déroulée en deux temps : seize ans au village natal et neuf ans au monastère.

Une famille paisible à Casseneuil (Lot-et-Garonne) avec des parents arboriculteurs, Pierre et Anaïs, en bonne santé, honnêtes et courageux ; un frère aîné, déjà âgé de neuf ans.

A la maison, une ambiance de foi chrétienne, renforcée par l'influence de Marie et Philomène, deux sœurs du papa devenues religieuses, dont le couvent se dresse à Casseneuil même.

Dès l'enfance, une formation et une instruction valables au pensionnat des Frères de Saint Jean-Baptiste de la Salle, toujours à Casseneuil.

Mais lui, Joseph, que veut-il ? Il regarde, surtout à l'église, où ses parents le conduisent tout petit. Le superbe retable doré du maître-autel éblouit l'enfant. Simple curiosité ? Non ! Pour lui cette splendeur matérielle commence à révéler quelqu'un d'invisible mais vivant.

Qui sondera le cœur d'un tout-petit ? La famille ne peut que constater : Joseph ne se contente pas d'imiter maladroitement les gestes du prêtre à l'autel, c'est Quelqu'un qu'il veut rencontrer au plus vite.

Alors, courage pour les études ! Cependant à l'école des Frères, progressivement, il est dépassé par les matières à retenir et le rythme des études.

Il se révèle pourtant « intelligent et profond, tenace et méthodique ». Mais comment entrer au Petit Séminaire avec si peu de mémoire ?

Il a déjà quinze ans quand Monsieur le curé, l'abbé Filhol qui l'estime beaucoup, le prend en pension au presbytère pour lui faire donner, par son vicaire, des cours de français et de latin. Malgré quinze mois de travail intensif, pas de miracle !

Monsieur le curé envisage une autre solution. Puisque Joseph aime le silence et la prière, ne pourrait-il pas être comblé dans une Trappe où les moines, qui n'exercent aucun ministère paroissial, peuvent parfois recevoir le sacerdoce en se contentant d'études moins élevées ?

Pour jauger les dispositions et la résistance physique de Joseph, son curé lui fait vivre au presbytère l'horaire, le travail et le régime alimentaire de la Trappe. Tout se passe bien.

Avec l'accord de la famille, ils vont se présenter à l'abbaye Sainte-Marie du Désert, près de Toulouse. Le Père André Malet, maître des novices, les accueille volontiers et apprécie la droiture et la générosité du candidat.

Joseph y entre donc pour de bon le 5 décembre 1894. Les frères de la Trappe ne tardent pas à apprécier le nouveau venu.

« Ce n'était pas un raisonneur ni un grognon, témoignera le frère Florentin Fauré. Il était toujours content, c'est ce qui faisait la beauté de sa physionomie. Tout le monde l'aimait et l'estimait. Il souriait toujours. »

Les journées passent vite, rythmées par les offices chantés à l'église, l'Eucharistie, la lecture privée de la Parole de Dieu et des auteurs spirituels, le travail manuel qui fait vivre la communauté.

Joseph s'y adapte, avec les inévitables difficultés de tout novice. Chez lui, c'est surtout un tempérament très émotif et une certaine tendance à se mésestimer devant les aptitudes d'autrui qui lui paraissent supérieures aux siennes.

Le Père André lui apprend alors comment « ne rien préférer à l'amour du Christ », pour dire en vérité : « Je n'ai pas d'autre bonheur que toi. »

En contemplant souvent Jésus dans sa passion et sur la croix, le jeune homme comprend de plus en plus que l'amour du Christ est sans limite.

La « voie du Cœur de Jésus », que le Père André lui enseigne, est un appel incessant à la confiance, une raison de vivre l'instant présent avec patience, espérance et amour. La devise en sera : « Tout pour Jésus, tout par Marie ».

Le 17 janvier 1897, la communauté célèbre la profession monastique temporaire de frère Marie-Joseph (à l'époque, le prénom « Marie » précédait celui de chaque frère cistercien).

L'étude du français et du latin reprend avec des fatigues qui s'ajoutent à celles des travaux agricoles. Dans sa générosité, le jeune moine ne s'accorde guère de détente et accepte sans sourciller les services les plus fatigants.

Pourtant sa santé n'est pas des plus robustes. Au Conseil de révision il sera ajourné en 1899 et réformé le 19 mars 1900.

Grande joie le 24 mai 1900 : en la fête de l'Ascension, le jeune moine prononce ses vœux définitifs. Inquiétudes pourtant dès le 1 er juillet où une loi française menace d'expulsion les congrégations religieuses.

Trois questions angoissantes surgissent. Il vient de promettre stabilité à l'abbaye Sainte-Marie du Désert : où va-t-il échouer hors de France ? Il espère toujours être prêtre : son ordination sera-t-elle indéfiniment retardée ? Depuis six années, le Père André le guide et le soutient dans sa démarche monastique : vont-ils donc être séparés ?

Dans l'Eucharistie qui, à ses yeux, est « le seul bonheur de la terre », il reçoit la force du Christ et renouvelle son espérance. Il en a bien besoin !

Après les cours de théologie donnés par le Père André qui faisait comprendre et goûter l'essentiel, on lui donne comme professeur un jeune frère qui l'accable de reproches et de railleries devant les autres étudiants : « Vous êtes tout à fait borné ! Inutile que vous étudiiez, vous n'en saurez pas plus ! Vous ordonner prêtre serait déshonorer le sacerdoce !… »

Heureusement le Père André peut, à chaque alerte, accueillir le cœur meurtri, redonner courage et rappeler au malheureux candidat la bienveillance du Père Abbé à son égard.

De fait, malgré toutes les appréhensions, les examens en vue du sacerdoce se déroulent de façon satisfaisante. Frère Marie-Joseph sera ordonné diacre le 22 février 1902 et prêtre le 12 octobre, à l'âge de vingt-quatre ans et demi.

Bonheur profond qui ne supprime pas les soucis de santé. Il est atteint de tuberculose, incurable à l'époque, et n'a révélé ses souffrances qu'au moment où il ne pouvait plus les cacher : pourquoi se plaindre quand on médite assidûment le chemin de croix du Sauveur ?

Malgré sept semaines de « vacances » en famille sur ordre du Père Abbé, le jeune frère décline de plus en plus à son retour à l'abbaye.

A l'infirmerie il est « soigné », si l'on peut dire, par le professeur de théologie naguère si dur envers lui. Le malade étouffe et souffre de profondes escarres.

Père André veille sur lui, apaise ses angoisses et l'oriente vers le Seigneur qui l'attend. Le 17 juin au petit matin, frère Marie-Joseph peut encore communier. Quelques instants plus tard, c'est la fin. Il part contempler le Christ dans la demeure du Père des cieux.

 

<< sommaire de la rubrique                                                                             continuer >>

 

 Haut de page Haut de page

 

Tous droits réservés Abbaye de Sainte-Marie-du-Désert 2005 -  contacter le webmaster - contacter l'abbaye - Nous aider