Homélie pour les

Saints Fondateurs

26 janvier 2012 (B)

 

 

Faire l’éloge de nos fondateurs…

Faisons l’éloge de ces personnages qui sont nos ancêtres, ceux dont  nous sommes les descendants, glorieux ou non. Nous sommes la postérité, les héritiers des saints fondateurs de Cîteaux, bien sûr, mais pourquoi ne pourrions-nous pas ce matin élargir notre reconnaissance  à tous ceux qui, en quelque manière, nous ont fondés dans l’existence comme dans la foi et donc dans ce que nous sommes aujourd’hui. En effet, la vie de l’homme se réalise dans des rapports réciproques de nature très diverse. Personne ne vit isolément : chacun reçoit des autres, subit des influences, en exerce, donne, reçoit. Si nous sommes convaincus que tous ceux qui nous ont précédés vivent en Dieu, nous avons conscience des liens qui continuent de nous attacher aux défunts  qui nous ont été proches par la parenté, la communauté, par l’amour ou par des valeurs spirituelles. Or, c’est à peine s’il  nous vient à l’idée de les prier, d’invoquer leur amour en notre faveur. Nous avons bien conscience que nous avons le devoir de nous montrer dignes d’eux,  ou d’accomplir les tâches qu’ils nous ont transmises mais aussi qu’ils nous aident quotidiennement. Ceci est encore plus  sensible quand il s’agit de ceux dont la vie a été très profondément pénétrée par la puissance de Dieu. Nous lisons  ainsi que les premiers martyrs étaient invoqués par les fidèles, alors même qu’ils étaient encore en vie, dans les prisons ou devant les tribunaux, mais surtout après leur mort. A l’époque du Nouveau Testament, on employait le mot « saint » pour désigner tous les fidèles, tous ceux qui croient au Christ et qui par leur baptême font partie de la communion eucharistique, c’est à dire les chrétiens. Il faut dire la même chose de ceux que l’Eglise à béatifiés ou canonisés. C’est pourquoi, il est bon et normal  de vivre en relation avec les saints fondateurs de Cîteaux et avec les divers saints de notre ordre, comme avec tous ceux qui ont été pour chacun  de nous fondateurs de ce que nous sommes devenus, nos fondateurs venus d’Aiguebelle, et aussi tous ceux qui avec eux reposent dans le cimetière, au milieu de notre cloître,  au milieu de nous. Ces relations revêtent des formes diverses : à première vue, il s’agit souvent d’invocation, de demande de secours ; nous en avons bien besoin pour nous-mêmes, nos communautés, nos familles. A côté de l’intercession, il y a aussi la louange pour la joie que cause leur vie et la conduite de Dieu qui s’y manifeste. Ils sont les témoins de la rédemption. Enfin, leur vie est un appel : ils ouvrent pour nous tous les portes du royaume du Christ, en nous accompagnant en amis de Dieu qu’ils sont, eux définitivement, nous en devenir, sur le chemin qui mène vers Lui et par Lui vers le Père. C’est l’Evangile de Saint Jean proposé pour cette solennité :

Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande.

Je ne vous appelle plus serviteur,

Car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ;

Maintenant je vous appelle mes amis,

Car tout ce que j’ai appris de mon Père,

Je vous l’ai fait connaître.

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi,

C’est moi qui vous ai choisis et établis

Afin que vous donniez du fruit,

Et que votre fruit demeure.        

            Ainsi notre célébration  de nos saints prédécesseurs engage une double solidarité : la leur à notre égard  et la notre à leur égard :celle de notre fidélité.

 

Fr. A-M

 

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