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Homélie pour la messe de la nuit de Noël 24 décembre 2011 (B) |
Gloire à Dieu…et Paix.. à toute l’humanité, à tous les hommes, à nous tous, à chacune et chacun de nous : Paix, car il nous aime.
« Dieu vient », Ce sont les mots habituels de l’Avent. « Dieu est venu chez nous », c’est la musique habituelle de Noël. Dieu est chez nous. Dieu est avec nous. Emmanuël. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Et qu’est-ce que ça change, semblent nous dire tant de gens autour de nous !
Dieu est venu nous visiter : cela veut dire qu’il nous aime. Il est venu, c’est donc que nous sommes importants pour Lui. C’était en des termes semblables que les prophètes annonçaient la promesse de la venue que nous célébrons cette nuit : « O mon peuple, tu as du prix à mes yeux, car je t’aime. » Puisque nous sommes ses fils et ses filles bien-aimés, nous l’attendions. Il fallait que Dieu s’incarne. « Deus Incarnandus », disent les vieux textes. Non pas qu’il devait, mais çà allait de soi, si Dieu est Dieu. Noël est ainsi en quelque sorte une remise en place de notre foi : on a sans doute bien raison de dire que Dieu est important pour l’homme, mais c’est d’abord que l’homme est important pour Dieu, au point qu’il se fait l’un de nous, et la foi est notre réponse et notre accueil à tant d’amour. Il fallait donc que la promesse se réalise si Dieu est pur « je t’aime » adressé à toute l’humanité passée, actuelle et future. En effet, dans ce « je t’aime » est contenu tout notre credo : Je crois en Dieu Père éternellement créateur de vie. Je crois en Jésus-Christ qui est Dieu Aimant au point de se faire l’un de nous : Et incarnatus est. Et homo factus est. Il a pris chair de la Vierge Marie. Dieu amour se veut comme à égalité, humble, enfant, bébé, pauvre, et déjà rejeté exclus, accueilli uniquement par ceux qui le comprennent, les pauvres. Je crois en l’Esprit d’Amour qui ressuscite toute chair. Je crois donc enfin à la Vie Eternelle. Il fallait pour cela que Dieu se fasse homme. On peut donc traduire « Verbum incarnandus » par « Comment pourrait-il en être autrement puisqu’il nous aime. » Gloire à Dieu…
Et Paix aux hommes ! C’est la réponse à la deuxième question : « Qu’est-ce que ça change ? » Que la Paix offerte peut être reçue, accueillie, acceptée. Regarde, Seigneur le fond de nos cœurs, c’est jusque là que tu viens nous offrir ta paix : fais qu’à notre tour nous devenions porteurs de ton souffle d’amour. Paix libératrice de tous les esclavages et de toutes les situations bloquées. Paix sociale, paix des banlieues, paix des familles, paix des cœurs. Paix qui a besoin de pionniers et d’artisans obstinés pour tisser fil à fil négociations et réconciliations, car tu nous demandes de réaliser nous-mêmes ce que tu nous donnes. Paix libératrice de l’angoisse, du doute, de la solitude, de l’incertitude du lendemain, du soupçon qui empoisonne la relation. Paix qui peut avoir un visage inquiet, mais qui est alors furtive et ténue comme un éclair d’espérance, comme la confiance retrouvée dans un regard ami. Paix implorée, peut-être baiser silencieux de paix. Car la paix comme le bonheur est toujours promesse et désir.
Le Fils de Marie, Jésus le Messie, apporte la Paix, une immense joie, qui ne finit pas.
Nous Te Bénissons, nous Te glorifions, nous célébrons, nous adorons Ta Gloire.
Fr. A-M.
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