Homélie pour le

4ème dimanche du temps ordinaire

29 janvier 2012 (B)

 

Bien souvent, « nous ne faisons pas le bien que nous voulons », et bien plus souvent encore, «nous faisons le mal que nous ne voudrions pas faire. » 

Oui, notre volonté est divisée. Oui, nous sommes « tourmentés » par un esprit mauvais

Je ne crois pas que Sr Marc veuille nous dire autre chose, dans la page d’évangile que nous venons d’entendre, même si la scène qu’il nous décrit dans la synagogue de Capharnaüm revêt un caractère beaucoup plus spectaculaire. Mais il faut nous rappeler que St Marc écrit pour un temps et pour un lieu qui lui demandent un langage imagé. Aujourd’hui, nous n’avons plus l’habitude de parler du mal dans les mêmes termes. Mais tous, ici présents, nous savons bien que le mal existe et nous savons bien que tout au long de notre vie, nous en souffrirons. Pourtant, ce n’est pas à ce triste constat qu’il nous faut nous arrêter. Parce que, ce que  nous dit St Marc va bien au-delà. Et surtout ce qu’il nous dit, c’est que «l’esprit mauvais » qui tourmentait ce pauvre homme reconnaît Jésus, comme «le Saint », « le Saint de Dieu ». Que la sainteté de Jésus soit proclamée par Satan lui-même avant quiconque n’est pas surprenant. La personne de Jésus en elle-même, Lui, le Verbe incarné, ne laisse aucune place  à l’existence du mal. Toute coexistence est impossible : Il le dit du reste : « Es-tu venu pour nous perdre ? » La puissance de Jésus domine totalement le mal, et Jésus libère l’homme  tourmenté.

Aujourd’hui aussi, c’est Jésus seul qui peut nous libérer de nos penchants mauvais et du danger dans lequel nous nous trouvons. Il ne le fait pas tout à fait comme le Dieu de Moïse,  un Dieu jaloux qui prescrit une Loi rigoureuse. Car, Moïse aussi, parlait pour un temps et pour un lieu qui lui imposaient un certain style. Mais en fait, au-delà du style, ce que Moïse prescrit au Peuple d’Israël,  comme aux prophètes, c’est d’appartenir  sans partage à Dieu.

Dans le même esprit, il me semble que la lettre de St Paul aux Corinthiens peut être encore plus aidante, car plus proche de nous aujourd’hui. Que nous dit St Paul ? « J’aimerais vous voir libres de tout souci »…, et encore : « je ne veux pas vous prendre au piège, mais vous proposer ce qui est bien, pour que vous soyez attachés au Seigneur sans partage ». Il ne s’agit pas, bien entendu,  de négliger son épouse, son époux, il ne s’agit pas non plus de négliger « les affaires de cette vie » mais il s’agit de tout vivre en restant fermement attachés au Seigneur Jésus. En Lui Seul, notre volonté est indivise : Lui Seul nous unifie. Il n’attend que notre acquiescement à sa volonté.

Tout au long de notre vie nous souffrons des assauts du mal, surtout dans les moments où notre vie spirituelle devient plus intense, plus fermement attachée à la personne de Jésus. Satan ne lâche pas  sa proie facilement. Mais toute la personne de Jésus, toute la vie de Jésus, tout l’amour de Jésus est là pour nous porter, pour nous donner la victoire dans ce temps intermédiaire, parfois de manière cachée, mais pour l’éternité, de manière certaine. Il suffit de ne pas avoir peur, il suffit de croire que Jésus a vaincu le monde.

Voilà l’invitation de St Marc, en ce début de son évangile, au début du temps ordinaire de cette nouvelle année liturgique : nous conformer de plus en plus au Christ, image parfaite du Père, sur lequel le péché n’a aucune prise. Nous entrerons alors dans le projet de Dieu sur chacun de nous, rejetant « le péché qui nous entrave si bien » pour vivre de la vie même du Christ Jésus.

 

Fr. J-M

 

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