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Homélie pour le 4ème dimanche de l'Avent 20 décembre 2011(B) |
« Voilà le Mystère qui est maintenant révélé : il était resté dans le silence depuis toujours, mais aujourd’hui il est manifesté. » Quel est donc ce Mystère dont nous parle saint Paul dans la 2ème lecture de ce jour, la finale de sa grande lettre aux chrétiens de Rome ? Quelque chose que l’on regarde de l’extérieur, avec crainte et tremblement, mais sans oser s’y aventurer, parce que c’est trop compliqué ? Mais Paul ajoute : « Ce Mystère est porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi. » Il faut donc se pencher sur ce Mystère, l’approfondir, chercher à toujours mieux le connaître. Et dans la Bible, la connaissance n’est pas simplement intellectuelle, elle suppose une profonde intimité avec son objet. Pour Dieu, connaître son peuple, c’est l’aimer d’un amour comparable à celui de l’époux pour son épouse ; pour l’homme, c’est répondre de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force à cet amour. Il faut, comme nous l’entendrons dans la Préface, « entrer dans le mystère de Noël », dans ce grand Mystère d’un Dieu qui vient à la rencontre de l’homme.
Tout au long de l’histoire du salut, ce Mystère se profilait. Patiemment, inlassablement, Dieu « venait en aide à tous les hommes pour qu’ils le cherchent et puissent le trouver », comme le dit la 4ème Prière eucharistique ; il « multipliait les alliances avec eux, et les formait, par les prophètes, dans l’espérance du salut. » Mais aujourd’hui, avec l’annonce faite à Marie, nous entrons dans le Mystère de ce Dieu qui « a tellement aimé le monde qu’il nous a envoyé son propre Fils, lorsque les temps furent accomplis, pour qu’il soit notre Sauveur. » Marie, préparée pour cela de toute éternité, donne son consentement au nom de toute l’humanité. La première, au nom de tous, elle donne à Dieu « l’obéissance de la foi » dont nous parlait saint Paul. « Resté dans le silence depuis toujours », le Mystère lui est manifesté. Elle l’accueille d’abord par sa foi, pour qu’il prenne corps en elle.
A notre tour d’entrer dans le mystère de Noël. Une hymne, que nous chantons tout au long de ce temps de l’Avent, exprime bien la démarche qu’il nous est proposé d’accomplir avec Marie :
Parole de Dieu dans ma chair
Qui dis le monde et son histoire
Afin que l’homme puisse croire,
Suscite une réponse en moi :
Ouvre ma bouche à cette voix
Qui retentit
Dans le désert,
Comment savoir quel mot tu dis
Si je ne tiens mon cœur ouvert ?
Semence éternelle en mon corps
Vivante en moi plus que moi-même
Depuis le temps de mon baptême,
Féconde mes terrains nouveaux :
Germe dans l’ombre de mes os
Car je ne suis
Que cendre encor,
Comment savoir quelle est ta vie
Si je n’accepte pas ma mort ?
« Si je n’accepte pas ma mort » : Entrer dans le Mystère de Noël, c’est déjà entrer dans le mystère de Pâques, de la Pâque de Jésus et de la nôtre. La prière d’ouverture de ce jour nous le rappelait : « Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé ; conduis-nous par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. » Avec une autre de nos hymnes, nous chantons :
Secret d’amour longtemps caché,
Mystère où Dieu se livre au monde,
Le Fils unique est envoyé
Rejoindre l’homme dans la nuit.
Agneau que Dieu nous promettait,
Réponse au cri de nos détresses,
Jésus commence en notre chair
Un long chemin d’abaissement.
Ce long chemin d’abaissement, il le commence avec le oui de Marie, qui n’est d’ailleurs qu’un écho de son propre oui : « Tu ne demandais ni holocaustes ni victimes, alors j’ai dit : Voici, je viens ! » Avec Marie, sous sa conduite maternelle, inscrivons notre oui dans celui de Jésus ; avec lui, avec la force de son Esprit, redisons au Père : « Me voici pour faire ta volonté ! »
Fr. N
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