Homélie pour le 3ème dimanche

de l'Avent

11 décembre 2011(B)

 

 

En fait, en écoutant l’évangile de ce jour, il me semble entendre la même annonce que celle de dimanche dernier. Mais là où St Marc employait un style direct, concis, concentré sur l’essentiel, St Jean apporte une connaissance plus intime de la personne de Jean Baptiste. La conversation entre ce dernier et les prêtres et les lévites, envoyés par le Temple de Jérusalem est tellement vivante, tellement riche d’enseignement que nous pouvons croire que l’évangéliste a assisté à la scène qu’il nous présente, ce matin.

Oui, au-delà de la catéchèse que représente ce dialogue, il me semble que St Jean nous introduit dans une connaissance de   « l’homme Jean-Baptiste » particulièrement aidante. « Cet homme n’était pas la lumière mais il était là pour lui rendre témoignage ». Comment  rendre témoignage à la lumière sans être soi-même inondé de  clarté ? L’attirance, que Jean Baptiste exerçait sur les foules, inquiétait tant les  docteurs de la Loi, que, certes, elle devait provenir de sa connaissance parfaite de l’Ecriture, mais qu’elle irradiait surtout  de la profondeur de son être si étroitement liée à la Personne de Jésus. Jean Baptiste est un être lumineux parce qu’il a saisi le Christ.

Dimanche dernier, dans sa description de Jean tel un ascète « vêtu de poil de chameau, avec une ceinture autour des reins, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage », un prophète intransigeant,  contestant, par son retrait au désert,  les compromissions que le Temple lui eut imposées, St Marc dessinait un homme qui pouvait effrayer. Surtout pour nous qui savons jusqu’où son intransigeance le conduira dans la forteresse de Machéronte.

Mais, on ne va pas à un homme effrayant ! On ne s’approche pas  pour lui demander un baptême de conversion ! On ne se reconnaît pas pêcheurs devant lui ! 

Alors, l’évangile que nous entendons ce matin est précieux parce qu’il nous ouvre une porte pour entrer dans le Mystère que nous célébrerons dans deux semaines, dans le Mystère que Jean-Baptiste annonce et que nous annonçons aujourd’hui encore. Cette annonce demande la même foi, la même confiance, la même intransigeance. Jean Baptiste face à ses détracteurs, livre tout de sa foi. Je crois qu’elle   se résume en ces quelques mots : « au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de défaire la courroie de sa sandale ». Oui, Jean Baptiste peut parler ainsi, car lui, connaît le Christ. Et il s’agit bien d’une connaissance, au sens fort de la Bible, une connaissance qui est amour intime et qui conduit à une communion de personne à personne. Oui, Jean Baptiste est un homme d’espérance parce que son annonce se nourrit d’amour.

Homme de lumière, homme de foi, homme d’amour. Voilà où Jean Baptiste nous invite à aller. Tout en lui désigne le Christ qui vient. Le Christ s’avance, bien sûr, mais surtout le Christ illumine, habite, transforme. Et je crois qu’en ce jour, nous découvrons un autre aspect de ce Christ : celui de sa joie. Une joie qui illumine, une joie qui soutient, mais aussi, une joie qui enrage les détracteurs !  Jean Baptiste a touché, en la personne du Christ, la miséricorde de Dieu qui vient au-devant de Son peuple pour le sauver. Comment alors ne pas frémir de joie   à l’approche du « Seigneur qui fera germer la justice et la louange devant toutes les nations » ?

Il y va d’une fermeté de la foi à laquelle St Paul invite les Thessaloniciens, dans la paix, avec cette certitude inouïe d’un « Dieu de la paix qui nous sanctifie lui-même tout entiers ». Joie de se savoir aimés à ce point que Dieu a pris notre chair en Jésus fait homme pour nous conduire tout-entiers à Sa propre nature, à Sa divinité. Certitude d’un Mystère qui nous dépasse et que Jean Baptiste nous désigne : voilà ce que St Jean nous annonce.

Et cela s’est réellement passé, en un temps précis, il y a un peu plus de deux mille ans, en un lieu précis : « à Béthanie de Transjordanie, à l’endroit où Jean baptisait. »

Mais cela doit se poursuivre pour chacun de nous là où nous sommes appelés à vivre et à témoigner, aujourd’hui, de notre Foi en ce Jésus-Christ qui vient nous combler de sa joie.

 

Fr. J-M.

 

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