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Homélie pour le 2ème dimanche de l'Avent 4 décembre 2011 (B) |
Pourquoi un messager ? Pourquoi une annonce ? Dieu avait-il besoin de s’annoncer ? Avait-Il besoin d’un intermédiaire ? Lui, Créateur de toutes choses, ne Se suffit-Il pas à Lui-même ? Oui, bien sûr aucun doute que Dieu se suffise à Lui-même !
Pourtant, la réalité est toute différente, et Dieu s’est choisi un messager.
Au point que St Marc ne veut pas commencer autrement l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut : il reprend d’ailleurs mot pour mot ce que le prophète Isaïe avait annoncé, soulignant ainsi la continuité, la constance, la fidélité de Dieu. « Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Et Jean le Baptiste parut dans le désert. »
Cet homme, Jean Baptiste, nous attire très fortement aujourd’hui: un homme que Dieu s’était choisi par avance et dont la naissance répondait au projet de Dieu. Dès le sein de sa mère, Jean tressaillait déjà à l’approche de Jésus en Marie. Oui, cet homme de feu est bien la grande figure de ce temps de l’Avent. Il est le dernier des Prophètes de l’Ancienne Alliance, le plus grand parmi tous les Prophètes et pourtant Jésus dira à son sujet : « le plus petit dans le Royaume est plus grand que lui ».
Voilà qui rend ce personnage immense bien proche de nous. Nous pouvons oser nous approcher de lui et nous laisser entraîner par lui. Car notre attente aujourd’hui n’est pas moins vive qu’il y a deux mille ans. Parfois même, en regardant le monde d’aujourd’hui, nous ne pouvons pas ne pas penser que le monde n’a jamais tant eu besoin d’un Sauveur. D’ailleurs, n’avons-nous pas le sentiment, parfois, que la voix chrétienne, en ce temps, « crie dans le désert » ? Et pas seulement quelques fois, mais bien souvent.
Alors, suivons ce messager, identifions nous à lui. Comme lui, chacun de nous est unique aux yeux de Dieu. Sur chacun de nous, en effet, Dieu a un projet. En chacun de nous aussi, Il fonde Son espérance. Comme Jean Baptiste, nous attendons la venue de Celui qui est, mais Dieu aussi nous attend.
Jean Baptiste a répondu à l’appel de Dieu sur lui. Il a quitté le service du Temple, la facilité et le confort, qui auraient pu être les siens, à la suite de son père. Habité par la Parole, il s’est laissé travailler par elle. Familier de Jésus, il a perçu toute sa radicale nouveauté et cette nouveauté appelait un comportement totalement différent, de la part des femmes et des hommes de son temps, une conversion, un « baptême pour le pardon des péchés ». Et cette conversion, il l’a vécue. Il la proclamait de tout son être. Devenu tellement « différent » il intrigue, et voici que l’on vient lui demander « qui » il est.
Jean témoigne alors de la découverte de sa profonde misère, du « rien » qu’il est devenu à ses propres yeux. Comment aurait-il pu proclamer la venue du Seigneur sans que, d’abord, soit effacée en lui toute trace de superbe, d’orgueil, de certitude, d’égoïsme ? Jean savait bien que l’humilité n’a d’autre but que de nous débarrasser de tout ce qui, en nous, fait obstacle à une ouverture totale au Seigneur. Elle ne nous conduit pas pour autant au désespoir, qui serait bien légitime tellement l’âme humble sait jusqu’où elle a pu s’éloigner de l’image de Dieu qui repose en elle. Oh ! Que non ! L’humilité nous ouvre à la crainte du Seigneur, à une attente docile de sa venue.
Ainsi, comme ce fut le cas pour Jean, l’humilité nous invite et nous apprend à veiller. Elle le fait de manière plus intense, pendant tout ce temps de l’Avent, mais elle le fait tout aussi bien « en tous temps ». Le Seigneur de tout Amour ne peut reposer, en effet, que dans une âme parfaitement humble, parfaitement dépossédée d’elle-même pour Lui laisser toute la place. Celui qui a goûté à ce début de conversion en est définitivement marqué ; bien loin d’en éprouver du découragement, il découvre une singulière douceur, qui est toujours le signe de la venue du Seigneur.
Oui, Jean Baptiste nous enseigne, aujourd’hui encore, que c’est là le chemin unique et vrai. Heureux ceux d’entre nous qui peuvent dire comme lui « voici venir derrière moi celui qui est plus grand que moi ! Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales » Je ne suis qu’un messager, moi aussi, pour annoncer sa venue.
Fr. J-M
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