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Homélie pour le 1er dimanche de l'Avent 27 novembre 2011 (B) |
La liturgie de ce jour pourrait nous surprendre : le passage d’évangile de Marc qui ouvre ce temps de l’Avent aurait tout aussi bien pu être lu ces dernières semaines, à la fin de l’année liturgique A, du temps ordinaire. Jésus en effet, vient d’annoncer sa venue, son retour à la fin des temps et Il invite ses disciples à veiller. Pourtant, nous allons faire mémoire de la première venue de Jésus en ce monde, de Sa naissance le jour de Noël, et ce premier Dimanche de l’Avent est censé nous introduire dans cette mémoire.
Pourtant, la contradictionn’est qu’apparente, et il me semble que, bien loin de nous surprendre, la liturgie nous aide à entrer dans une mémoire véritable, une mémoire vivante.
Certes, le temps de l’Aventet la Fête de Noël rendent bien présente à nos cœurs l’Incarnation de notre Sauveur. Evènement mystérieux et inouï qui ne se conçoit qu’au prisme de la Foi. Evènement attendu par l’humanité car enfoui au plus profond de son désir, comme le dit si bellement le prophète Isaïe : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes fondraient devant toi ». Désir si violent qu’il ne peut concevoir de rester sans réponse. Et de fait, la présence de Celui auquel nous appartenons « car nous sommes l’ouvrage de ses mains », est une évidence pour le prophète : « tu viens à la rencontre de celui qui pratique la justice avec joie et qui se souvient de toi en suivant ton chemin. » Oui, pour Isaïe, bien avant que ne fût réalisé le salut en Jésus, Dieu « agit envers l’homme qui espère en Lui », quels que soient ses crimes car « Il est notre Père. »
Et nous qui allons faire mémoire de laNaissance de Jésus, nous savons que Dieu ne nous a pas oubliés, nous savons que l’espérance messianique d’Isaïe s’est réalisée. Ferons-nous le choix de célébrer cette mémoire comme celle d’un évènement passé, d’un évènement « mort » en quelque sorte ? Nous serions bien loin de l’espérance vivifiante d’un homme qui n’avait pas vu de ses yeux mais dont la Foi voyait bien mieux !
Non, si la Liturgie noustourne vers la venue future du Christ, vers « Son troisième avènement » dirait le Bienheureux Guerric d’Igny, c’est d’abord pour vivre. La vie en effet n’est rien de plus que ce temps donné à chacun de nous pour nous souvenir sans cesse que le Seigneur est venu, qu’Il reviendra, et que dans cet intervalle de temps, Il ne cesse de venir.
Entrer dans l’Avent, c’est seulement aiguiser un peu plus, un peu mieux, notre vigilance, pour savoir reconnaître le Seigneur qui ne cesse de venir à nous.
Dans sa lettre aux Corinthiens, St Paul nous donne la clé de lecture de tous les textes de ce jour : « aucun don spirituel ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ ». Veiller, c’est attendre d’une certaine manière, c’est attendre de manière vivante, c’est attendre de manière active. Et, si nous le pouvons, nous le devons au don que Jésus nous fait de Son Esprit, « don spirituel » qui nous transforme. Car, il s’agit de laisser le Seigneur naître en nous et vivre à notre place, à travers nous. Chaque jour nous pouvons célébrer Noël dans notre cœur si nous nous ouvrons à la présence du Seigneur en nous. Notre veille devient celle de la mère qui porte un enfant. Celui que nous attendons n’est pas extérieur à nous- mêmes. Il nous habite et c’est Lui « qui nous donne de tenir solidement jusqu’au bout ». Voilà la véritable assurance, la véritable vie. Car elle repose sur la fidélité de Dieu « qui nous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ, notre Sauveur. »
Alors, nous ne réduisons pas ce Temps de l’Avent au souvenir d’un anniversaire, mais nous laissons venir le Seigneur en ce temps intermédiaire avant Son retour, en faisant de chaque heure de notre vie, dans la confiance, malgré nos faux pas, malgré notre péché, un accueil de Celui qui nous a tout confié non comme à ses serviteurs, mais comme à des amis très aimés.
Fr. J-M
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