Homélie pour la Vigile Pascale

3 avril 2010 (C)

 

Comme la Résurrection est simple! Comme elle est humaine ! Combien Luc nous donne une vision réaliste de l’évènement !

Tout juste, sommes-nous surpris par « le vêtement éblouissant » des deux hommes qui interpellent les femmes ! C’est d’ailleurs le seul détail qui invite le surnaturel dans ce texte.

Le récit de la Passion de Jésus, selon Saint Luc, nous nous en souvenons encore, s’achevait sur la petite remarque qui soulignait le fait que ces mêmes femmes « regardaient le tombeau pour voir comment le corps avait été placé ». Il était dit encore qu’  « elles s’en retournèrent et préparèrent  aromates et parfums ; et que, « durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit. » 

Au matin, elles savent exactement ce qu’elles vont trouver. Elles avaient observé ce que Joseph d’Arimathie avait fait pour le corps de Jésus. Elles pensent, sans doute, trouver à nouveau de l’aide,  ce matin, pour donner au corps de Jésus les soins qu’il nécessite.  Nous sommes dans une parfaite logique de continuité.

Mais voilà que la pierre est déjà roulée et le tombeau ouvert. Rien encore qui les choque. Mais, en entrant dans le tombeau « elles ne trouvent pas le corps du Seigneur Jésus. »  

C’est cela qui les surprend et «elles ne savent que penser ».

Oui, voilà où l’esprit humain s’arrête, où l’esprit a besoin de l’intervention divine, très discrètement suggérée par Luc. Le discours des deux hommes fait référence à leurs souvenirs, aux paroles de Jésus qu’elles ont elles-mêmes entendues. Nul envoi en mission. Tout au plus, une invitation à puiser en elles-mêmes les explications qui leur manquent, devant un évènement aussi étrange. Elles peuvent s’approprier ce « il n’est pas ici, il est ressuscité » : « alors, elles se rappelèrent ces paroles ». Les paroles entendues créent en elles une adhésion, une foi en la Résurrection de Jésus. Oui,  pour les femmes, Il est le « Vivant», il n’est plus « parmi les morts » !

Rien à faire alors, qu’à rejoindre les hommes qu’elles accompagnent, depuis trois ans,  et leur partager l’évènement !

La réaction des Onze est alors tout aussi humaine, simple et crédible. Bien sûr, eux aussi avaient entendu les paroles de Jésus annonçant Sa mort et Sa Résurrection ! Mais il y a loin, de là, à croire un groupe de femmes, peut-être encore égarées par la douleur !

Toutefois, Pierre est ébranlé ; il veut en avoir le cœur net. Il court  jusqu’au tombeau. Et là, c’est l’étonnement pour lui aussi: il trouve tout, comme les femmes l’ont dit.

Lequel d’entre nous ne reconnaît, dans ce récit, son propre chemin de découverte de la victoire de l’Amour dans sa propre existence ?

Oui ! Comme elle est simple, comme elle est humaine, comme elle est bien réelle la Résurrection du Seigneur dans chacune de nos vies !

Si nous étions capables de nous laisser inonder de l’Esprit d’Amour qui ruisselle de la Croix pour nous !

Ainsi, plutôt que de nous laisser étouffer par les épreuves de la vie, chacune, chacun de nous, nous choisirions l’Amour de la Croix, et  alors, nous parviendrions à nous  savoir aimés de Dieu jusqu’à la folie.

Oui, alors, la vraie vie,  la Vie de Jésus Ressuscité, la Vie Eternelle, nous ferait voir en nos frères le visage du Christ, nous donnerait de ressembler, de plus en plus, à l’image que Dieu a déposée en nous. Alors, nous fêterions la Résurrection du Christ,  chaque jour, et toute notre vie

 

Fr. J-M.

 

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