Homélie pour

le Corps et Sang du Christ

6 juin 2010 (C)

 

Quel trésor, Frères et Sœurs, quel suprême don que l’Eucharistie. D’abord, évidemment c’est le don du Seigneur Jésus lui-même, reproduit chaque jour par les Prêtres qu’il a choisis, renouvelant la Sainte Cène du Jeudi-Saint. Mais surtout cette Présence continuelle du Christ Jésus dans le tabernacle !

Oui, quel trésor !quel don suprême de Dieu, nous offrant sans cesse la présence eucharistique de son divin Fils ! Quand nous entrons dans une église ou un oratoire privé de l’Eucharistie, c’est un simple lieu, vide de la divine Présence.

Inversement, quelle aide ! quel encouragement pour chacun de nous, si peu enclin à chercher et à trouver l’union à Dieu. Du moins, même en l’absence de dévotion et d’attrait vers le Seigneur, notre seule présence près du Saint Sacrement est déjà un excellent encouragement pour prier, pour rester quelques minutes unis à Dieu !

Oui, quel trésor ! quel suprême don du Seigneur ! Aussi n’hésitons pas à passer quelques moments, voire de longs moments auprès de Lui.

« Maintenant nous avons la Présence permanente du Seigneur. C’est là le trésor de l’Eglise qui surpasse tous les autres. Quelle perte irréparable quand les hommes ne savent plus reconnaître la présence permanente du Seigneur dans son Eucharistie ou la réduire à un simple repas fraternel » (Père J.Loew, retraite au Vatican 1970)

Notre trésor, certes, l’Eucharistie l’est continuellement par sa Présence à notre portée, à la messe ou au tabernacle. Et pourtant, elle n’est pas un but, sauf peut-être pour ceux dont la foi est faible et limitée.

En nous offrant l’Eucharistie, ce n’est pas pour nous y arrêter, mais pour la dépasser, comme un tremplin pour monter nous unir à Dieu.

Certes, Jésus est vrai Dieu, mais il l’est en union et en dépendance de son Père. Cela jusqu’à avouer parfois que telle chose ou telle action miraculeuse ne dépend pas de Lui seul. Plus qu’un but, l’Eucharistie est plutôt une ouverture, une marche pour aller jusqu’au Père.

Si Dieu nous a envoyé son divin Fils, l’a fait naître de la Vierge Marie, l’a conduit au Calvaire et finalement à la Résurrection, s’il la Fait homme pour que nous puissions le connaître et Lui-même par delà son Fils ce n’est pas pour que l’Eucharistie se dresse comme un mur.

Le Père Naïdenoff nous dit : « D’après l’Evangile de St Jean , qui a bloqué, en cinq longs chapitres, un ensemble de propos dans le cadre de ce festin de la Pâque suprême, Jésus dit aux siens de s’aimer les uns les autres en trois phases seulement, mais parle au moins quarante cinq fois de son Père et achève le repas par un long appel et pathétique discours à son Père » (article de « Missi » d’octobre 1971)

Déjà la simple communion au corps et au sang de son divin Fils, nous le savons bien par expérience, nous conduit à une prière plus intense, plus intérieure s’élevant jusqu’au Père.

De même la Présence eucharistique est la porte du ciel. Elle nous incite, dans notre union même à Jésus, à nous laisser entraîner par Lui vers son Père. L’amour vrai et profond, c’est une tendance à nous unir au Père, avec et par son Fils, sous l’action de l’Esprit-Saint. Et cela sans cesse, chaque jour, chaque instant.

Nous venons, dimanche dernier, de célébrer la Très Sainte Trinité = la vie de Dieu est un incessant échange d’amour entre le Père et son Verbe, dans l’Esprit Saint. Voilà vers quoi nous sommes appelés à nous unir et par là même à vraiment vivre. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang – nous dit St Jean dans son Evangile  (6,55) – a la vie éternelle ; et, Moi, je le ressusciterai au dernier jour.

C’est ce que nous avons chanté dans l’hymne des Vigiles :

« Un jour tu nous prendras dans les cieux

Ton Corps est la semence de la vie éternelle,

Un jour tu nous prendras à la Table de Dieu »

 

Voilà de quoi nous combler.   Amen

 

F. P.

 

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