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Homélie pour la Sainte Trinité 7 juin 2009(B) |
Depuis le dimanche des Rameaux jusque Pentecôte, nous avons accompagné Jésus dans sa Pâque, et l’Église nous propose aujourd’hui cette célébration de la Sainte Trinité, pour tenter de nous dire qui est Dieu. Mais comment en parler si les mots pour le dire sont toujours les mots d’une époque, d’un langage, d’une culture, d’un pays ? Ainsi en est-il aussi des mots de l’Église, comme des mots de Jésus, rapportés par les apôtres.
Quels sont donc les mots de l’Église pour dire Dieu ? Les premiers Pères ont tâtonné, de concile en concile, pour essayer avec beaucoup d’hésitation et même de résistance de préciser à l’aide de formules le contenu de leur foi. Voici un texte du IV° siècle : « Nous sommes d’Adam, et de ce fait nous percevons très peu : nous ne savons que cela :Dieu est unique, unique est son Messie, unique l’Esprit, unique la foi, et unique le baptême. Dire plus est sans profit. Nous en serions inaptes ».- Hilaire de Poitiers dira la même chose : « Oui, nos devrions avec l’aide de la seule foi adorer le Père, vénérer avec Lui le Fils, et avoir en abondance l’Esprit Saint. Et nous voici forcés de déployer les faibles moyens de notre langage pour dire l’indicible et traduire par la parole humaine ce qu’il valait mieux garde avec respect au fond de notre cœur. » De même nous chantons l’hymne attribué à St Grégoire de Nazianze : « O Toi, L’au delà de tout, n’est-ce pas tout ce qu’on peut chanter de Toi ! » Voilà de très belles déclarations d’amour ?
Mais comment aimer sans connaître ? Il nous faut donc entendre quels étaient les mots de Jésus quand il disait Dieu, quand il invitait ses disciples à le rejoindre dans sa relation au Père et à se plonger eux-mêmes dans le courant de la divine tendresse, en l’appelant « Abba », Père, et voilà bien la révolution de la tendresse : le mot araméen « abba » était un diminutif dont se servaient les enfants pour désigner leur papa. Les apôtres durent être très surpris. Quel juif aurait osé appeler par ce terme enfantin celui dont le nom trois fois saint fait trembler les Séraphins eux-mêmes. Or, dans la bouche de Jésus, tout est dit dans ce mot. Il traduit dans un émotion neuve sa relation au Père. Par le suite les Évangélistes et Saint Paul n’auront de cesse de répéter les mots de Jésus pour dire Dieu : « Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils, et ceux à qui l’Esprit l’aura révélé. »-« L’Esprit-Saint que le Père enverra en mon Nom vous enseignera tout. Il parlera en vous. C’est Lui qui murmure au plus intime des cœurs : Abba, que ton Nom soit sanctifié… »
Ainsi nous pouvons à la suite de l’Église et à la suite de Jésus tenter de redire avec nos mots à nous ce que Saint Jean a tellement répété : Dieu est Amour, et comme l’ont traduit des prédicateurs de notre temps, tels François Varillon, Maurice Zundel et bien d’autres : Dieu n’est que Amour. Il est pur « JE T’AIME », Pour le dire en trois mots : Amour source, Amour donné, Amour Père : Amour qui dit JE. et tout autant, Amour reçu, Amour Fils, Amour qui dit TU, et donc totalement Amour Échangé, Amour souffle, Amour partagé. « JE » « T’ » « AIME ». Les trois en un seul. C’est ce qui est le Cœur de notre Credo dans lequel nous nommons successivement le Père, le Fils et l’Esprit sous la forme d’une histoire, d’une sorte de récit : « Je crois en Dieu, Créateur de tout, qui a envoyé son Fils Unique, mort et ressuscité pour nous, et qui a donné l’Esprit vivant en son Eglise. » Cela veut dire que le mystère trinitaire nous tient à cœur, puisqu’il nous parle de la relation d’amour que le Père, le Fils et l’Esprit-Saint entendent nouer avec nous, au centre de notre histoire mondiale et de chacune de nos personnes au point de nous établir Fils de Dieu et Frères de Jésus.
Il est vrai que dans notre vie de prière, nous savons bien que nous ne parlons pas de la même façon au Père et au Fils. Quant à l’Esprit de notre adoption, c’est plutôt Lui qui prie en nous, en des gémissements sans mots, dit Saint Paul. C’est lui qui nous donne d’oser dire : « JESUS EST SEIGNEUR. » et « ABBA,PERE. »
F. A-M
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