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Homélie pour la messe de Sainte Marie, Mère de Dieu 1er janvier 2009 (B) |
Jeudi premier janvier de l’an neuf, nous te fêtons, Marie, Mère de Dieu. Quelle audace n’avons-nous pas ? Nous aurions pu t’appeler : Mère de Jésus, Mère du Christ, Mère du Sauveur, Mère du Fils de Dieu… » et c’était dèjà très beau ! Mais nous, pauvres humains, nous avons réalisé que Dieu t’avait choisie, toi, toute humaine, fille d’Israël, pour l’enfanter à l’humanité.
Pour passer de l’éternité au temps, Dieu devait être enfanté. Dieu enfanté ! Marie Mère de Dieu ! Aide nous à percevoir que nous prononçons ainsi par toi l’impensable don de Dieu.
Ce titre est bien la conséquence de la toute première profession de foi : « Jésus est le Fils de Dieu », proclamée par les disciples le matin de Pâques : « Il est réssuscité. Dieu l’a établi Seigneur ! » Jésus est Dieu. Et presque aussitôt la piété a vénéré Marie comme Mère de Dieu : Théotokos. Expression qui hérissa des croyants dès les premiers siècles, et qui fut confirmée à Ephèse en 431, parce que « c’est de Marie que le Verbe de Dieu tient son corps. » Puis, par une sorte de choc en retour, en 451, à Chalcédoine, c’est la réflexion sur la Vierge qui a été la cause d’une réflexion plus profonde sur le mystère de Jésus : « Il est vraiment homme et vraiment Dieu , pleinement Fils. Dieu a envoyé son Fils nè d’une femme, sujet de la loi, pour faire de nous des fils. »
Marie est bien l’aboutissement de l’histoire du peuple qui attendait la venue de Dieu. Accomplissement unique de la bénédiction, elle est le commencement d’un peuple nouveau qui reçoit son Sauveur et enfante son Dieu aujourd’hui… En Marie, c’est en quelque sorte toute l’humanité qui donne chair à Jésus, et donc nous tous aussi, car, en nous tous, Jésus peut prendre chair, parce que l’humanité entière en Marie la lui donne. Ce que les trois textes de cette messe disent en un raccourci fascinant, le psaume peut le chanter pour la terre tout entière : Jésus prenant corps dans la terre qu’est Marie est le Sauveur Universel :« La terre a donné son fruit. Que la terre tout entière l’adore ! »
Bénédiction universelle, bénédiction pour aujourd’hui : en Marie qui donne à l’enfant le nom de« Dieu Sauve ».c’est notre vocation que nous recevons . En méditant ces choses dans nos cœurs, nos espérances, nos labeurs, nos souffrances, notre vie, nous l’orientons, nous lui donnons un Orient, une direction, un sens. Nous lui donnons un nom : « Dieu Sauve ».
Ce matin, nous nous disons « Bonne Année », c’est notre désir de reprendre en main le temps, de ne pas le laisser filer en vain. Au-delà de la pure convention du calendrier, nous orientons notre vie, et nous nous disons les uns aux autres : « Je crois que tu es fait pour le bonheur, pour avoir une vie heureuse, et j’ose te le dire, malgré toutes les dénégations de la vie, personnelle ou mondiale, malgré tes souffrances ou ta détresse et celles du monde, que cette année te soit bonne ! ».
Ce qui viendra est béni par Dieu. Notre vie s’appelle « Dieu Sauve ». Pour Jésus recevant son nom de Marie, tout est déjà accompli et tout restait à faire. Ce matin, l’année qui commence est déjà accomplie et pourtant elle reste à faire. Comment ? Jour après jour et parfois heure par heure, en se recevant constamment du Père et en s’en remettant à Lui, chaque matin, chaque soir, comme on le fait dans la prière du matin et du soir et comme nous le faisons au fil des heures, au nom de tous, dans l’office monastique, qui est à juste titre notre « office », notre Ministère.
Une autre année commence, Emerveillés ensemble
Année reçue de Toi,Père, Emerveillés de Toi,Père,
Nous la remettons d’avance, Nous n’avons pour seule offrande
En tes mains, telle qu’elle sera. Que l’accueil de ton amour.
Une autre année se lève,année connue de Toi, Père,
Que ton Fils en tous achève la victoire de la Croix !
Fr. A-M
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