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Homélie pour la messe de la Sainte Famille 28 décembre 2008 (B) |
Ce Premier Dimanche dans la Lumière de Noël, est le Dimanche que l’Eglise a voulu pour célébrer la Sainte Famille.Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, à laquelle la Liturgie nous conduit par Abraham, père d’une multitude de croyants, père d’une famille humaine rassemblée par une Alliance éternelle avec Dieu.
Dansle Temple de Jérusalem, St Luc nous présente un autre vieillard, « … un homme juste et religieux, qui attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint était en lui… ». « Poussé par l’Esprit » précise encore l’évangéliste, ce vieillard, « Syméon, vient au temple alors que (Marie et Joseph,) les parents, y entraient avec l’enfant Jésus ». « Syméon prit l’enfant dans ses bras et il bénit Dieu » : c’est qu’il reconnaissait en Jésus « la lumière pour éclairer les nations païennes, et la gloire d’Israël son peuple ». Sa prophétie remplit d’étonnement les parents de Jésus. Et à l’allégresse de son cantique de bénédiction succède l’annonce douloureuse et amère, faite à Marie, des souffrances à venir:«ton fils … sera un signe de division, et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. »
VoilàJésus, Marie et Joseph, liés à jamais par le vieillard Syméon, dans un mystérieux avenir qui les dépasse tous les trois. Ils ne pourront y entrer que par un abandon total à l’Amour qui les a conduits jusque là. La Croix est là, déjà, présente dans leurs trois vies.
Par la prophétesse Anne, leur avenir est relié « à la délivrance de Jérusalem », au salut d’Israël, et, me semble-t-il, par là, à l’Ancienne Alliance, celle d’Abraham.
Oui, entourés d’Abraham qui, « grâce à la foi, obéit à l’appel de Dieu », entourés aussi de Syméon et d’Anne, la Sainte Famille de Jésus nous renvoie à bien plus large qu’elle. Elle nous renvoie à l’Alliance de Dieu avec son Peuple : promesse faite à Abraham, accomplie par Jésus dans la Nouvelle Alliance, qui, scellée dans le sang de l’Agneau, nous libère des liens du péché.
Voilàbien, me semble-t-il, l’enseignement majeur laissé par la liturgie de ce jour : Jésus, le Christ, Notre Seigneur et notre Vie, a choisi de vivre son existence humaine dans une famille qu’Il nous donne pour modèle. Cette famille reçoit son unité des liens de l’Amour reçu et sans cesse irrigué par une Foi enracinée dans la Promesse de Dieu. Jésus nous apprend ainsi comment aller vers Dieu. Non pas seul, dans un face à face avec Dieu, qui ne ferait que nous isoler et nous enfermer sur nous-mêmes, mais bien dans un face à face avec notre Dieu, qui, sans cesse, nous renvoie à nos frères.
Nousne pouvons jamais ignorer cette réalité du tissu humain qui nous a fait, qui nous entoure, auquel nous sommes redevables, dont nous sommes comptables, et avec laquelle nous allons à Dieu. Nulle destinée humaine n’est individuelle. Chacune, chacun d’entre nous, va à Dieu avec des frères, des sœurs, des parents, au cœur d’une famille, au cœur d’une communauté. Plus largement, cette cellule humaine, c’est Eglise de Dieu.
Ne rêvons surtout pas de perfection, de tableaux idylliques ; chacune, chacun de nous est marqué par le péché et nulle famille humaine, nulle communauté, n’échappe au péché. Mais justement, voilà les lieux, familles, communautés monastiques, Eglise, que Dieu nous donne pour accomplir notre propre conversion. Nous ne pouvons pas entrer dans ce chemin de sanctification sans maintenir cette tension entre chemin personnel et chemin communautaire. Jésus nous en donne l’exemple : Il reste libre dans sa Famille humaine et s’en remet sans cesse à son Père des Cieux. A sa suite, dans la liberté des enfants de Dieu, cette obéissance nous conduit, nous aussi, à l’Amour et au service, mieux, au service repris par l’Amour pour que nous puissions accomplir, humblement, ce que Dieu attend de nous.
Fr. J-M.
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