Homélie

pour la Saint Benoît

11 juillet 2009 (B)

 

L’Église célèbre, ce 11 juillet la Pâque de notre Père St-Benoît au terme de son chemin terrestre, son passage, entouré de ses frères, à la plénitude de la vie qui dure toujours. Ce Chemin,  le Passage, la Porte étroite, c’est le Seigneur, lui-même. St Benoît s’y est toujours tenu, marcheur éveillé qui nous enseigne à faire de même. « Que le Seigneur nous y conduise, tous ensemble selon la règle de St Benoît » .

Cette petite phrase, répétée obstinément au début de chaque chapitre finira bien par nous convaincre que toute vie est chemin. Pèlerins étrangers en ce monde, nous vivons au fil des jours, au gré de Dieu, et notre existence est chaque matin un commencement, remise en route parfois douloureuse, tissée d’ombre et de lumière. L’aurore est toujours, par la grâce des offices des Vigiles et des Laudes, comme un lent départ vers Celui qui est lui-même chemin.

Chemin Universel, ouvert à tous, offert à chacun selon son état de vie, son histoire personnelle, selon son itinéraire. Toute vie est donc une  histoire sacrée, faite de moments forts, d’étapes, qui sont comme les balises de la carte routière qu’est l’Évangile, règle de vie de tous les baptisés. Chemin particulier selon la « Petite règle » que St-Benoît a rédigée pour ses fils, ceux que Dieu appelle à tout quitter pour « vivre à Dieu Seul  », en suivant le Christ. 

Pour les uns comme pour les autres, dans la vie séculière comme dans la vie monastique, c’est le Christ qui est  à la fois le but, le chemin, le passage et le guide, celui qui  conduit. Dans son sermon 7 pour la fête de St-Benoît, St. Bernard le déclame avec ses jeux de mots favoris : «  Benoît  par le Christ est passé au Christ. » Il est Celui qui vient, Celui vers qui nous marchons, Celui qui marche avec nous, Celui qui  conduit. Il est Le Seigneur.

Le Seigneur  nous conduira sur ces chemins de l’Évangile : Tous Ensemble. La Lettre aux Colossiens que nous avons écoutée nous en dit la manière : en nous supportant mutuellement. Dans ce contexte  où il est question d’amour, d’unité, de bonté, de tendresse, de patience et de douceur, le mot  supporter, loin de d’évoquer l’insupportable, évoque plutôt à l’opposé de toute rigidité perfectionniste, le support le soutien mutuel, la bienveillance , la bienfaisance réciproque, comme celle des pèlerins de Compostelle, s’étayant les uns les autres jusqu’à porter le sac de l’autre. Car, ici comme partout, il y a des forts et il y a des faibles, des marcheurs vigoureux et  d’autres plus essoufflés, chacun son tour d’ailleurs selon le moment ou l’épreuve.

Nous nous soutenons les uns les autres, dans la vie monastique ou familiale, mais aussi dans cette immense caravane humaine, plus cahotante, dont nous sommes étroitement solidaires et pour qui nous sommes signes que tout chemin mène à la vie éternelle. St Paul conclut : « Et que dans nos cœurs règne cette paix de Dieu à laquelle nous sommes tous appelés qu nom de Jésus-Christ, en offrant par Lui au Père notre action de grâces », en chaque Eucharistie.

 

F. A-M

 

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