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Homélie pour 8 décembre 2007(B) |
Voici, Frères et sœurs, que brille la Vierge Immaculée au sein du sombre violet de l’Avent, comme justement le soleil de ce jour après bien des jours pluvieux !
« Dieu s’approchait comme le fruit d’un long désir… L’ultime étape commençait avec Marie, La Vierge était l’héritière de la promesse de vie… » (Hymne des Vigiles de la Nativité de la Sainte Vierge)
En juin 1944, lorsque les Alliés décidèrent de débarquer en Normandie, leur premier soin fut d’envoyer près de côte deux sous-marins de poche, dont la mission était, au signal donné, de délimiter la plage de débarquement. La pleine lune avait été choisie, mais comme la tempête faisait rage, le débarquement fut retardé de 24 heures. Les pauvres hommes des petits sous-marins en furent quitte d’attendre la nuit suivante sans pouvoir bouger ni s’asseoir dans leur minuscule cabine…
Eh bien ! Lorsque le Seigneur décida de débarquer sur notre terre, son signe-éclaireur fut de préserver du péché originel une petite fille, laquelle dût patienter plus que ces marins-éclaireurs, le Seigneur lui laissant le temps de pouvoir devenir mère ! Personne ne met en doute la naissance de Jésus dans la grotte de Bethléem ; et pourtant ce ne fut pas là que notre Sauveur commença de manifester sa présence : c’est à Nazareth qu’Il a été conçu, c’est là qu’Il a débuté sa mission de salut. En doutez-vous ? Reportez-vous à l’évangile de la Visitation, et vous constaterez qu’à Ain-Karem, bien avant Noël, le petit Jean a tressailli d’allégresse à la visite de son Sauveur, tous deux encore dans le sein maternel ! Nul doute que le Verbe qui venait de prendre chair ne devait pas être bien grand !
Cette petite fille a grandit sous le regard de Dieu, sans faute, sans bavure, à l’inverse de nos premiers parents. Elle devint la plus grande merveille après Dieu Lui-même et son Fils Jésus, lequel par privilège devint aussi son fils. Privilège, oui, mais non toujours sans souffrance, sans le glaive prédit par le vieillard Syméon devant lui percer le cœur. Marie sut dire oui au Seigneur en toutes choses : oui, pour répondre à l’annonce de l’ange ; oui, sans toujours saisir la conduite de son divin fils pendant sa vie publique ; oui, pour être associée à son chemin de croix ; oui, debout au pied de la croix ; oui, dans l’espérance de la résurrection ; oui surtout, dans la joie de voir son Fils ressuscité ; oui enfin à la Pentecôte, à la naissance de l’Église. Plus que le privilège de son Immaculée Conception, sa grandeur, sa sainteté fut sa vie de silence et d’union sans faille à Dieu. Comment s’étonner alors de ce que son divin Fils l’ait sans tarder élevée au ciel, l’ait comblée et couronnée, et l’a donnée pour Mère à l’Église, pour Mère à chacun de nous ?
L’Immaculée Conception ? La plus grande merveille ici-bas, disons-nous, oui, le joyau du Seigneur. Pour Lui d’abord, pour Sa plus grande joie ! Merveille pour la Marie, la toute pure, la toute sainte, bien sûr ! Mais merveille aussi pour chacun de nous ! Merveille donc, parce que toute la vie de Marie ne fut constamment qu’un ‘oui’ au Seigneur, sans le moindre retour. Aussi tout s’est-il admirablement enchaîné de sa Conception Immaculée à sa glorification au ciel ! Dieu se l’est magnifiquement préparée pour que son divin Fils ait une sainte et incomparable Mère.
Cependant le Seigneur n’a pas voulu s’offrir ce merveilleux trésor pour Sa seule joie, ni seulement pour celle de Marie. Quand le Seigneur sait se montrer magnanime envers quelques privilégiés, c’est pour rayonner sa Grâce autour d’eux. Si Marie fut préservée de la tache originelle, ce fut certes pour la combler au-delà de toute autre créature humaine. Mais ce fut encore plus pour nous combler nous-mêmes, pour nous donner personnellement une Mère, une vraie Maman toujours présente et attentive, toujours prête à nous guider, à nous encourager, à intercéder s’il en est besoin. Tu es dans la joie, ton cœur déborde de louange ? Unis-toi à Elle pour mieux monter vers Dieu. Tu es dans la peine, la détresse, le découragement ? Regarde l’étoile, invoque Marie ! Elle te guidera vers son divin Fils et par Lui, vers le Père. Tu es tombé, tu t’es fourvoyé, tu n’ose plus lever les yeux au ciel ? « Ô Marie conçue sans péché, prie pour nous qui avons recours à Toi ! » Pas de meilleure avocate pour repartir d’un bon pied. « Souviens-Toi, ô très miséricordieuse Vierge Marie,… qu’aucun de ceux qui ont…réclamé ton secours, n’ont été abandonnés… Ô Mère du Verbe, ne méprise pas nos prières, mais accueille-les favorablement et daigne les exaucer. »
Fr. G.
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