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Homélie pour la messe du Baptême de Jésus 11 janvier 2009 (B) |
Demain, nous entrerons dans le Temps Ordinaire ; mais, aujourd’hui nous sommes encore dans le Temps de Noël et de l’Epiphanie.
Le Baptême du Seigneur, au début du ministère public de Jésus, nous renvoie de manière très intime au temps de Noël, au Mystère de l’Incarnation de Dieu en Son Fils, Notre Seigneur Jésus Christ. D’ailleurs, les textes de ce jour nous permettent d’entendre deux des grands prophètes du temps de l’Avent et de Noël : Isaïe et Jean-Baptiste.
Les trois fêtes de Noël, Epiphanie et Baptême de Jésus nous sont également nécessaires, si je puis dire, pour approcher le mystère de l’Amour de Dieu et mieux comprendre comment cet Amour se donne à l’humanité.
Lors du Baptême de Jésus, la manifestation de la Sainte Trinité éclaire la Nativité du Seigneur dans la crèche de Bethléem et Sa manifestation aux nations païennes. Elle nous aide ainsi à comprendre quel est l’Amour de Dieu quand Il nous donne son Fils, pleinement Dieu et, en même temps, pleinement homme.
De Nazareth où Il a grandi, Jésus devenu adulte, est poussé auprès de Jean-Baptiste par Sa foi, Sa piété, Sa fréquentation de la Parole. Ces deux hommes, guidés par l’Esprit, ne pouvaient se satisfaire de la lecture de la Loi proposée par les Prêtres, les Lévites et autres Pharisiens qui viendront interroger Jean-Baptiste.
Jésus et Jean-Baptiste se recherchent mutuellement et Dieu se manifeste dans cette recherche. En allant au-devant de Jean-Baptiste pour être baptisé par lui, c’est au devant de Lui-même que Jésus s’avance. Son Père ne laisse pas sans réponse le désir de vérité qui l’a conduit vers le Précurseur. Par son Baptême, Jésus est pleinement confirmé dans sa recherche. L’évangéliste Marc nous montre Jésus seul à seul avec Son Père et l’Esprit.
Et qu’est-ce qu’entend Jésus, à ce moment-là ?
« C’est toi mon fils bien aimé ; en toi, j’ai mis tout mon amour ».
Le Père ne dit pas, comme il eût pu le faire, « en toi, j’ai mis toute ma sagesse, toute ma force, toute ma puissance créatrice. »
Non, mais bien ces paroles fortes :
« En toi, j’ai mis tout mon amour ».
Dieu Lui-même, en cet instant, pour Son Fils, et à travers Lui pour chacun de nous, révèle Sa véritable nature : l’Amour.
En cet instant où l’Homme-Dieu va au-devant de Sa Vérité, le Père Lui confie la totalité de Son être, Lui révèle qu’Il a tout donné, et que ce Tout est l’Amour.
L’Amour manifesté en cet instant, dans la totalité d’un Père qui se donne, d’un Fils qui se reçoit et de l’Esprit qui les réunit dans une parfaite communion, ne peut que « déchirer les cieux » et réunir terre et ciel, en une seule réalité.
Oui, l’Incarnation de Dieu s’accomplit à Noël, elle se manifeste par l’Epiphanie. Et par le Baptême de Jésus, elle est offerte à tout homme. Car le Baptême de Jésus, notre frère, nous demande d’oser nous croire, nous aussi, incarnation de Dieu. L’image de Dieu qui est en chacun de nous reçoit, par le Baptême, l’Esprit qui va l’animer. Et par cette onction, nous demeurons en Lui.
Tout notre chemin de liberté humaine ne sera plus alors que le long apprentissage de cet Amour qui réside en nous. Jésus en qui cet Amour, tout cet Amour, est déployé, nous donne le modèle de Son existence humaine. Il a passé par tous nos chemins, y compris celui du désespoir et de la souffrance la plus totale. Suivons Le, reconnaissons Sa Croix dans les tourments qu’il nous faut vivre, mais redécouvrons la grâce de notre Baptême dans la source inépuisable d’Amour qui nous a été donnée ce jour là et qui triomphe de tout. Même de la Mort.
Fr. J-M.
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