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Homélie du 7ème dimanche du temps ordinaire 22 février 2009 (B) |
Au Voici le commentaire que je vous propose de ce texte que nous venons de célébrer.
J’y trouve un double enseignement : tout d’abord une manifestation que le Seigneur nous donne de la puissance de sa Parole qui sous-entend sa Divinité. Et aussi un enseignement de l’effet qu’aura le salut sur notre future condition heureuse dans le Royaume concernant l’unité de notre être humain, corps et esprit. Il y a là une bonne nouvelle qui concerne chacun de nous.
Ce sont deux points que je vais méditer.
Commençons par relire les moments importants de cette étonnante rencontre du Seigneur avec le paralysé.
Nous nous rappelons de suite l’interprétation qu’en ont fait les Pères, que vous connaissez, mais qu’il est bon de redire : pour eux, le paralysé représente notre humanité malade à la suite du péché d’origine, notre condition adamique actuelle. Nous avons hérité de cette condition qui a affecté tout notre être, nos membres, notre énergie, qui a affaibli nos facultés et qui peut même nous amener à aller à contre courant de notre véritable vocation de fils de Dieu.
Néanmoins, les Pères toujours très positifs et optimistes nous disent en même temps, dans la lumière de l’Orient chrétien, que notre image a bien sûr souffert mais sans disparaître. Ils comparent la blessure que nous avons subie à une pièce de monnaie qui aurait été recouverte de vert et de gris, sans plus. Il suffirait de la nettoyer pour que resurgisse sa splendeur première.
Le paralysé de l’Evangile qui nous représente donc, attend sa guérison qui sera aussi la nôtre.
Il ne pourra la recevoir que grâce à des amis qui vont le prendre en charge pour le porter devant le Seigneur. Ces 4 amis, selon toujours les Pères représentent les autre évangélistes qui ont toujours pour mission de nous amener aux pieds du Seigneur. Qu’est-ce, en effet, que l’Evangile sinon le moyen privilégié de nous permettre d’entrer en contact avec le Seigneur, à travers différentes scènes et enseignements ?
Mais, nous le savons bien, pour que l’Evangile ait cette efficacité, il nous faut l’accueillir comme Parole du Seigneur et sa Présence au milieu de nous et en nous. Ceci implique la nécessité de la foi pour que, par le moyen de la Parole ce soit vraiment le Seigneur qui vienne à nous et qui se révèle à nous comme le Fils Unique de Dieu.
Les amis porteurs du paralysé manifestent clairement une foi humaine amicale, puisqu’ils veulent aider le malade. Et ce geste nous parle profondément. Car c’est bien ensemble que nous allons vers le Seigneur, en nous aidant mutuellement, parfois même peut-on dire en nous portant les uns les autres.
C’est le mystère même de la communion des saints, le mystère de l’Eglise. Ici, nos Frères de ce monastère réalisent cette mission par toute leur vie de prière dont l’effet est de répandre la grâce qui touche telle et telle personne comme le Seigneur en décide. La prière nous concerne tous, et s’y ajoute pour vous qui êtes dans le monde les actes de compassion, de présence amicale auprès des personnes dans le besoin pour les réconforter dans leurs épreuves ou pour soutenir leurs efforts de vie chrétienne.
La foi se vit donc dans nos relations humaines, c’est très important, mais pour que ce soit une authentique vertu au même titre que la charité et l’espérance, nous devons avoir la conscience d’être unis au Seigneur, d’agir avec Lui, et en son Nom. Ce qui implique la reconnaissance de son mystère de Fils Eternel, sinon nous en restons à des gestes simplement humains que le Seigneur certainement apprécie, mais qui n’annoncent pas le Royaume comme tel.
C’est à ce moment qu’entre en jeu le Saint-Esprit, pour que, dans sa lumière, nous puissions reconnaître en Jésus de Nazareth le Fils de Dieu. Personne, nous dit Saint Paul ne peut dire « Jésus est Seigneur, sinon par le Saint-Esprit. »
En grand Théologien, Saint Grégoire Palamas de l’Eglise d’ Orient, a expliqué comment le Saint-Esprit nous donnait cette lumière de révélation. Il nous dit que c’est par des énergies que le SAINT-ESPRIT agit et nous rend ainsi capable de reconnaître le mystère ineffable du Christ, vrai Dieu et vrai Homme. Il nous faut donc Le prier pour nous et pour les autres. Seul le Saint-Esprit peut convertir nos cœurs. Il est le Vrai Dieu, l’ESPRIT du PERE qui nous habite et qui nous divinise. Il est vraiment notre joie la plus intime. L’Eglise est sa demeure privilégiée, même si SA présence est partout, remplissant tout.
Continuons notre lecture de cet Evangile. Nous voyons que les porteurs ont accédé au désir du paralysé, et manifestent l’audace de l’Amour fraternel en dégageant le toit et en faisant descendre le paralysé jusqu’aux pieds de Jésus. Cette scène demande un temps d’arrêt car on peut penser que les spectateurs ont été stupéfaits et ont dû regarder du côté de Jésus pour voir sa réaction. On peut très bien penser que le Seigneur a regardé lui aussi lentement cette descente en la suivant des yeux et dans le silence a fixé ses yeux de tendresse sur le malade et aussi sur ceux qui l’entouraient et qui attendaient ce qu’Il allait dire.
Evangile du regard de Jésus ! Quel autre désir pour le cœur aimant, sinon ce regard sur soi-même ! C’est là où tous les mots se taisent et toutes les méditations s’arrêtent devant cet absolu : Son Regard à Lui sur nos yeux à nous ! Ce désir insatiable de l’amour !
Et nous voici au deuxième point de cette méditation.
Dans ce silence que j’évoque, le Seigneur découvre maintenant la profondeur de Son Etre, entièrement bon et miséricordieux, plein de compassion, dont la qualité de son cœur révèle le cœur du PERE. Il est venu pour nous en faire la révélation, la Bonne Nouvelle de l’Amour de notre Dieu Trinité.
En tant que Fils qui a tout créé, tout ce qui est, il lui est bien sûr aussi facile de dire : « Tes péchés sont pardonnés que de dire lève-toi et marche. »
Le miracle de la Bonté s’accomplit donc. En guérissant visiblement, Jésus accomplit du même coup un salut invisible : les deux sont liés. Les opposants ont très bien compris qu’en agissant ainsi, Jésus s’attribuait une prérogative qui n’appartient qu’à Dieu. Nous sommes donc nous aussi placés devant le même mystère de la divinité du Christ. C’est pour nous un nouvel et riche enseignement.
Tout d’abord nous avons à comprendre que le salut dépasse la guérison corporelle, mais qu’il va de pair avec elle. Cela veut dire que c’est tout le composé humain, corps et âme qui reçoit la puissance de la Résurrection.
L’Eglise professe un salut qui ne concerne pas seulement l’esprit, mais aussi le corps. Nous attendons de recevoir le corps glorieux à l’image de celui du Seigneur. C’est la vraiment Bonne nouvelle de notre vie future. Dieu nous a créés corps et esprit et nous ressuscitera corps et esprit. Saint Séraphim de Sarov, ce grand Saint de l’Eglise d’Orient, a vécu par grâce une transfiguration qui, comme celle du Seigneur a pénétré tout son corps de bien-être. Il est donc un grand témoin de ce qui nous attend dans le Royaume.
Ainsi, en guérissant le corps du paralysé en le sauvant entièrement corps et âme, le Seigneur nous redit aujourd’hui qu’Il accomplira parfaitement pour tous ce qu’Il a commencé en créant le monde. C’est dans l’Eglise, Son Corps, que nous vivons déjà cette transformation.
Nous sommes environnés d’une multitude de témoins de l’Amour divin. Ceux du ciel vivent pleinement cette nouvelle condition glorieuse, divinisée, une divino-humanité, et nous sur cette terre, nous recevons aussi avec la vocation de l’accomplir. Alors tenons fermes sans nous laisser atteindre par des voix destructrices.
Bénissons le Seigneur, et continuons notre chemin d’action de grâce et d’intercession pour la vie et le salut du monde.
J-C. T. Capucin
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