Homélie

pour le 5ème dimanche de Carême

30 mars 2009 (B)

 

Vous venez de l’entendre dans l’Évangile d’aujourd’hui : des grecs adorateurs de Dieu font cette demande à l’apôtre Philippe : « Nous voudrions voir Jésus… ». Cette simple phrase est l’expression d’une curiosité sans doute. La réputation de Jésus s’était déjà répandue. C’était peut-être aussi l’expression d’un désir profond.

Nous voudrions voir Jésus… C’est ce que nous disons peut-être nous aussi parfois. Nous croyons en Jésus ressuscité présent au milieu de nous. Mais nous aimerions le voir, l’écouter, le toucher, parler avec lui, lui présenter nos épreuves ou nos moments de bonheur.

Voir Jésus

C’était aussi l’aspiration profonde de Marie-Joseph CASSANT. Dès sa plus tendre enfance, l’élan de son cœur le portait à se donner totalement à Jésus. Sa devise n’était-elle pas : « Tout pour Jésus, tout pour Marie ».

Son père spirituel, lorsqu’il entra au monastère - il avait alors 16 ans - lui avait dit : « Ayez confiance, je vous apprendrai à aimer Jésus ».

Tout pour Jésus. Dès les premiers jours de sa vie, ce fut le cri, de quelqu’un qui se sait appelé et entend

répondre par un don sans retour.

Marie-Joseph CASSANT qui est mort à 25 ans en 1903, a quelque chose à nous dire, à vous les moines bien sûr, mais aussi à tous les baptisés qui fréquentent cette abbaye. Je pense tout particulièrement à vous jeunes de 6ème - 5ème du Lot et Garonne. J’espère que vous mesurez la chance que le diocèse d’Agen a de posséder un tel témoin originaire de Casseneuil. Il faut mettre en relief le beau témoignage de ce jeune chrétien de chez nous qui n’avait rien pour réussir dans la vie et qui pourtant nous donne un bel exemple de réussite. Sa vie offerte, dans l’amour, peut devenir pour beaucoup de jeunes et adultes un stimulant, une espérance.

Marie-Joseph CASSANT avait beaucoup de lacunes intellectuelles humaines. Il nous faut le regarder dans sa faiblesse, sa vulnérabilité. Avec ses failles et ses manques, il a pu développer le meilleur de lui-même grâce à l’amour de Jésus qui brûlait son cœur.

Pour ma part, je voudrais insister sur plusieurs points qui caractérisent la vie de Marie-Joseph CASSANT et qui peuvent enrichir notre vie aujourd’hui.

1. - À une époque où l’on parle beaucoup de l’importance de trouver sur notre route des guides spirituels, des personnes qui aident à découvrir le Christ, qui accompagnent des personnes que l’on appelle des « aînés de la foi », l’expérience vécue de Marie-Joseph CASSANT est parfaite. Son curé de Casseneuil, l’abbé Filliol, ses tantes religieuses mais surtout le Père MALET, maître des sources ont été des aînés dans la foi remarquables.

Ils l’ont aidé à devenir lui-même et à découvrir sa vie personnelle, à aimer et à se laisser aimer.

2. - Pour « voir Jésus », pour non seulement avoir des connaissances sur lui, mais vivre une certaine intimité, une véritable amitié avec lui dans la prière quotidienne, chacun a besoin d’une communauté, d’un groupe. Pour avancer sur les chemins de l’Évangile, tout baptisé a besoin de l’Église. Marie-Joseph

CASSANT a fait l’expérience de vivre dans une communauté, avec une règle et un Père Abbé.

3. - En lisant les mots, les lettres du Père CASSANT, ce qu’il faut remarquer encore, c’est son désir d’être un saint dans l’ordinaire des jours. A peu près à la même époque, Thérèse de Lisieux disait qu’elle voulait devenir une sainte dans « le vrai de la vie » (c'est-à-dire éplucher les pommes de terre, laver le linge, balayer la maison).

Marie-Joseph CASSANT disait : « Après tout, l’important c’est de se sanctifier et d’arriver à la perspective que le Bon Dieu veut de nous. Laissons-le agir. » Sans doute la petite parabole du grain de blé qui meurt et qui donne beaucoup de fruits a du faire l’objet de sa méditation.

4. - Enfin l’eucharistie fut au centre de sa vie. Pour vivre un cœur à cœur avec Jésus, pour suivre le Christ, l’eucharistie est un passage obligé. Le Père CASSANT disait : « L’eucharistie est le seul bonheur de la terre ». Que ce soit aussi le vôtre aujourd’hui ! Que cette participation soit fréquente. Le Père CASSANT nous conduit au cœur de Jésus qui se donne dans l’Eucharistie.

 

Mgr Hubert HERBRETEAU

 

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