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Homélie pour le 5ème dimanche de Pâques 10 mai 2009 (B) |
Le dernier ouvrage que notre Frère Jean-Christophe a consacré au Bienheureux Marie Joseph Cassant s’intitule « Demeurer dans le cœur de Jésus ». Toute la vie de notre « petit frère », en effet, est centrée sur le Cœur de Jésus. Non pas un cœur contemplé de l’extérieur, mais un cœur qui habite en nous et nous invite à demeurer en Lui. Oui, notre frère Marie Joseph avait bien perçu à quel point la vie n’avait de sens que dans une union totale et profonde avec le Seigneur Jésus.
Les textes de la messe d’aujourd’hui ne nous disent que cela et nous le disent à l’envie.
Les Actes des Apôtres tout d’abord. La toute jeune Eglise naissante ne professe rien d’autre que le « nom de Jésus ». C’est le Seigneur Jésus qui fait l’unité de ces hommes et de ces femmes, premiers chrétiens, qui nous ont tracé le chemin. Voilà ce qu’ils nous ont transmis : Jésus est le Seigneur, son Nom peut être prêché avec assurance. Alors que pointe le danger des premières persécutions, puisque Paul doit être évacué sur Tarse, une grande paix enveloppe toute l’Eglise qui « se multipliait avec l’assistance de l’Esprit Saint ». Oui, là où le Nom de Jésus est proclamé, l’Esprit est à l’œuvre.
La première lettre de St Jean, elle aussi, résume toute notre Foi en un seul commandement : « avoir foi en Jésus Christ et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé ». La foi en Jésus Christ, sous l’action de l’Esprit Saint, nous rend obéissants au commandement de l’Amour.
L’évangile de St Jean, enfin, dans le beau discours de Jésus avant Sa Passion. Ce n’est pas le Seigneur Ressuscité qui parle mais bien Jésus qui va livrer sa vie, par amour. A cette Heure-là, Jésus exprime en Lui, toute la Loi, toute l’Ecriture ; le Fils devient Lui-même le commandement unique de l’Amour jusqu’au bout. De fait, Jésus n’enseigne pas une théorie, Il est Lui-même le témoignage vivant de la Parole qu’Il professe.
Et nous, nous ne devenons pas ses disciples en apprenant une leçon mais en contemplant un exemple à imiter. Devenir disciples de Jésus, être chrétiens, est une promesse, une invitation à nous assimiler Dieu qui nous a créés. Intimement unis à Lui, comme la vigne et les sarments, nous ne pouvons pas croire en Lui autrement qu’en nous laissant habiter par Lui.
Cela ne va pas de soi, parce que nous sommes divisés par le péché et ainsi, poussés sans cesse, à nous croire indépendants, sans dépendre de rien ni de personne. Pourtant, « sans Lui, Jésus nous le dit clairement, sans Lui, nous ne pouvons rien faire ». En fait, être chrétiens, c’est tout simplement, et seulement, apprendre à aimer, à aimer Jésus, à L’aimer jusqu’à ne rien Lui préférer. Tout vivre, chaque jour, chaque instant, chaque bonheur, chaque souffrance, en union intime avec Lui, en « demeurant dans son cœur ».
Vivre ainsi, L’appeler à l’aide, chaque fois que nous pressentons que nos forces seules ne nous porteront pas, c’est être à l’écoute de Sa réponse. Lorsque nous sommes profondément unis à Jésus, tout ce que nous demandons, nous l’obtenons. Chacun peut faire cette expérience. Jésus ne nous abandonne jamais ; son amour est sans cesse à l’œuvre. Trop souvent, nous cherchons, en vain, par nous-mêmes, la bonne réponse à nos problèmes et difficultés personnels, et nos déceptions nous empêchent de discerner le chemin que Dieu dessine, sous nos pas, tout doucement, silencieusement, pour nous entraîner là où Lui nous veut.
Prions pour que chacune, chacun de nous, accepte de se dépouiller et de se laisser libérer, pour ne plus vouloir qu’aimer Jésus, aimer professer Son Nom, intérieurement, et faire ainsi l’expérience de la vraie vie, une vie entièrement consacrée à guetter les réponses du Seigneur, afin de Le suivre, en vérité. Ce fut le chemin de Marie Joseph, chemin de la sainteté ; chemin qui peut devenir pour nous aussi, comme pour le Père Cassant, « le Chemin du Bonheur » !
F. J-M
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