Homélie pour le 4ème dimanche

de l'Avent

21 décembre 2008(B)

 

 

Nous voici dans la dernière semaine de l’Avent ; à présent, la naissance du Sauveur est toute proche de nous. Et, comme pour faciliter notre attente, et la stimuler, si je puis dire, la liturgie de ce quatrième Dimanche de l’Avent nous donne deux guides : Marie et le Roi David.

Marie et David nous conduisent tous deux à nous interroger sur la demeure que nous préparons au Seigneur. Si nous voulons que Noël prenne véritablement sens dans chacune de nos vies, c’est bien la question que nous devons nous poser : quelle demeure préparons-nous pour le Seigneur qui vient ?

Le Livre de Samuel, et l’Evangile de Luc que nous venons d’entendre, nous ont évoqué, à plusieurs reprises, la « maison de David ». Dans la première lecture, en effet, le dialogue de David et du prophète Nathan, rapporté par Samuel, nous montre David  voulant construire une maison au Seigneur. Tout rempli d’amour pour son Dieu, David voudrait que le Seigneur des Cieux ne soit pas moins bien traité que lui-même, « bien installé dans sa maison ». Mais le projet de Dieu ne se laisse pas réduire à la volonté de David. Dieu inverse les propos de David car c’est bien à Lui, Dieu, de se préoccuper de la maison de David, comme si la demeure qui est la sienne aujourd’hui ne comptait en rien : « le Seigneur te fait savoir qu’Il te fera lui-même une maison. » Cette « maison »  se confond avec une royauté, établie, pour toujours, par le lien de filiation voulu par Dieu entre Lui-même et David.

Dans la salutation à Marie, décrite par St Luc, l’Ange Gabriel reprend cette même promesse de Dieu à David : « tu vas concevoir et enfanter un fils… Le Seigneur lui donnera le trône de David son père ; Il règnera pour toujours sur la maison de Jacob… » On peut se demander pourtant pourquoi Dieu a attendu si longtemps, de David jusqu’à Marie, pour accomplir cette promesse. Pourquoi tant de générations se sont-elles succédées sans voir la promesse ?

Pour trouver les réponses aux questions qu’humainement nous ne pouvons manquer de nous poser, Marie est pour nous le guide vers lequel il nous faut nous tourner. Elle est un guide sûr puisque, dès la fin du récit de l’Annonciation, Jésus habite en elle. Elle est la maison que Dieu s’est choisie, de toute éternité, afin que le Verbe demeure parmi nous. Aucun péché en elle ne vient troubler, ni restreindre, l’espace nécessaire au Verbe qui se fait chair.  Marie nous guide surtout pace qu’elle laisse faire le Seigneur. Elle est tout accueil : rien en elle ne fait obstacle à la volonté de Dieu. Promise en mariage à Joseph, exposée à une mort par lapidation pour un enfantement conçu en dehors des prescriptions de la Loi juive de ses Pères, Marie ne met rien en balance. Sa seule interrogation est de bon sens : « comment cela va-t-il se faire puisque je suis vierge ? »

L’absence de péché en Marie est une absence d’obstacle à la volonté de Dieu.

Le péché, en David, est oubli de tout ce que Dieu a fait pour lui, dans le passé.

Oubli du passé qui vient brouiller l’avenir et pousse David  à faire des projets tout humains. Dans sa petitesse humaine, David oubliait qu’il n’était pas à même de connaître le dessein de Dieu.

Ne jouons pas les scandalisés : nous ressemblons tellement à David!

De fait, comparé à Marie, David met cruellement en lumière la folie de l’homme qui veut sans cesse ramener Dieu à l’image qu’il est lui-même, alors que c’est exactement l’inverse que Dieu attend !

Pour David, comme pour nous, il ne s’agit pas de construire une maison au Seigneur, mais de laisser le Seigneur construire sa maison en nous, comme Il le veut, quand Il le veut.  

Si nous voulons préparer une demeure au Seigneur, il nous faut suivre l’exemple de Marie, et reconnaître alors que nous ne sommes que des servantes et des serviteurs du Tout Puissant. Préparer la venue du Verbe fait chair exige de nous que nous soyons, comme Marie,  totalement abandonnés à la volonté du Père : « que tout se passe pour moi selon ta parole ».

Laisser le Christ advenir totalement en nous, en suivant Marie comme toute la liturgie de l’Avent nous l’a rappelé, c’est veiller, apprendre l’humilité, y trouver notre joie, et laisser la volonté de Dieu se déployer en nous.

 

Fr. J-M.

 

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