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Homélie pour le 3ème dimanche de Carême 15 mars 2009 (B) |
Aujourd’hui, dans notre marche vers Pâques, il me semble que Jésus nous adresse une parole très simple. En apparence, nous sommes dans une situation complexe, insurrectionnelle presque, compte tenu de la situation politique de Jérusalem au moment où Jésus « chasse les marchands du Temple ».
Mais, non, cet épisode nous invite, je crois, à entrer dans la simplicité de Dieu, dans la simplicité de l’Amour. Accepter la simplicité de l’Amour qui demande d’abord de mourir à soi-même, c’est accepter d’entrer dans un chemin de croix, notre chemin de croix.
Dans cette optique, pour bien entrer dans la lecture de St Jean telle que la liturgie nous la propose aujourd’hui, accompagnée de l’écoute des tables de la Loi, nous pourrions partir de la dernière phrase. Jésus « connaissait par Lui-même ce qu’il y a dans l’homme. » Phrase pleine d’espérance car qui ne désirerait être « connu » de Dieu Lui-même ? Et pourtant, ce n’est pas le sens que lui donne l’évangéliste, bien au contraire. Jésus est plus que sceptique sur ce que renferme le cœur de l’homme, et St Jean le dit explicitement : « Il n’avait pas confiance en eux, parce qu’Il les connaissait tous ». Aucun doute, Jésus a compris le péché. Il sait même de quoi il est fait.
Lui n’est que relation d’Amour à Son Père et monte au Temple pour entrer dans la Maison de Son Père. Les 4 évangélistes nous le montrent priant partout, seul, à l’écart, sur les collines, ou au milieu de la foule. Le Temple de Jérusalem est bien la Maison où à douze ans, Il a commencé à œuvrer pour Son Père. Il n’y vient pas seulement pour une rencontre de prière mais pour un « témoignage ». Or, pour son cœur d’homme, aucun doute sur les motivations et le témoignage de ceux qui profitent des observances et des préceptes établis par le clergé pour soi-disant entrer en relation avec Dieu. Son cœur d’homme le sait en toute certitude, mais son cœur de Dieu ne peut se résoudre à laisser les hommes aveuglés dans leur recherche de Dieu.
Pour que le cœur de l’homme se laisse toucher par le cœur de Dieu, il faut d’abord qu’il écoute.
- Oui, il faut que notre coeur écoute et comprenne vraiment que Dieu l’a aimé, le premier, qu’Il l’a « libéré du pays d’Egypte, de la maison d’esclavage », qu’Il l’a libéré du péché. Pour cela, il nous faut chasser toute illusion de pouvoir nous libérer par nous-mêmes.
- Il faut que notre coeur écoute qu’il n’y a pas d’autre source de libération. Pour cela, il nous faut chasser toute tentation de choisir une autre voie que celle de Dieu, unique source de liberté.
- Il faut que notre cœur écoute que le Nom du Seigneur est sacré. Pour cela, il nous faut chasser toute tentation de souiller l’Amour en le mêlant au Mal.
- Il faut que notre cœur écoute qu’un espace de temps dans notre vie humaine est consacré au Seigneur Seul. Pour cela, il nous faut chasser toute tentation d’oublier Dieu dans la frénésie du temps qui passe.
Accepter de se placer dans cette lumière de l’Amour divin qui fait vivre, qui libère et qui appelle à Lui laisser la première place, cela ne se fait pas sans combat. Le livre de la Genèse nous a amplement montré comment le Malin a su se glisser dans notre volonté pour venir la troubler, nous arracher au confiant abandon de l’Amour filial pour entrer dans la rivalité de celui qui veut, à l’égal de Dieu, discerner le bien du mal.
Pour cela, il nous faut lutter sans cesse, sans cesse chasser les tentations de l’autosuffisance, sans cesse nous faire petits, renoncer à notre volonté propre pour n’avoir plus qu’un objectif : ressembler à Celui qui, par amour, a abandonné son rang de Dieu pour partager notre misère et nous montrer ainsi le seul chemin qui vaille : le chemin de l’Amour, chemin d’amour reçu et partagé au cœur de nos familles humaines, à travers nos parents, nos frères et nos sœurs… !
Mais rien de tout cela ne peut se vivre sans renoncement radical à notre volonté propre, sans mort à nous-mêmes car le Malin ne lâche jamais sa proie et sème, tout au long des jours, les situations qui nous tentent. L’entraînement du Carême n’est rien d’autre que le rappel de la confiance en l’Amour, plus fort que tout, plus fort que la mort. Mourir à soi-même n’est rien d’autre qu’entrer déjà, dès à présent, dans la Vraie Vie.
Fr. J-M.
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