Homélie pour le 3ème dimanche de Pâques

26 avril 2009 (B)

 

C’est le  soir du premier jour. C’est le soir du premier des dimanches. C’est le soir du premier des jours, que nous célébrons aujourd’hui. « Voici le jour que fit le Seigneur, jour d’allégresse et jour de joie. »

Pourtant la lecture de la page de Saint Luc a de quoi nous laisser perplexes : quelle différence, quelle contradiction même, entre la  simplicité de Jésus et l’étonnement, la stupeur, la crainte des Apôtres et des Disciples. Pourtant, au soir de ce premier jour, plusieurs ont déjà rencontré le Seigneur. Plusieurs d’entre eux racontent «  comment ils avaient reconnu le Seigneur » et que Celui-ci leur avait parlé. Et voici que « Lui-même était là au milieu d’eux ». Et pourtant quel fossé les sépare encore de la Foi en Jésus Vivant et Ressuscité ? Il est peu de pages, me semble-t-il, qui ne nous révèlent, autant que celle-là, à quel point le péché obscurcit nos cœurs et nos esprits et les empêche de voir que le Seigneur est là, qu’I l  est toujours là et qu’Il nous donne Sa Paix !

Le temps des apparitions de Jésus Ressuscité jusqu’à son Ascension ne vient pas manifester aux disciples et aux apôtres un évènement  extraordinairement surnaturel, Il vient expliquer les Ecritures, Il vient expliquer à l’homme la Parole que Dieu lui adresse depuis la chute originelle : la vraie Vie n’est  pas la vie de la chair dans laquelle l’homme s’enferme et dans laquelle l’homme se croit l’égal de Dieu, « connaissant le bien et le mal »La vraie Vie est celle que Jésus vient manifester,  cette Vie-là qui est bien notre vie réelle, notre vie de femme et d’homme, de chair et de sang, avec nos besoins de manger, de boire pour vivre, toutefois il s’agit de n’être pas prisonniers de cette condition.

Car, dans cette vie, la ressemblance véritable au projet de Dieu est appelée à se faire jour. C’est la recherche folle de l’homme par Dieu qui,

a travers Jésus, se manifeste. Oui, Parole Vivante, Verbe incarné, Vie éternelle donnée une fois pour toutes, qui seule peut nous libérer de la peur et de  la crainte de la chair, Vie que les Disciples et les Apôtres n’arrivent pas encore à toucher, à comprendre, à réaliser. Oui, ils avaient bien besoin, ces témoins, de quarante jours pour comprendre qu’en Jésus, la Vie avait vaincu la mort. De fait, il leur faut encore l’action de l’Esprit Saint pour que l’intelligence de cette Vie-là les transforme en témoins véritables.

Eux, ces témoins véritables qui ont vu, dimanche après dimanche, nous aident depuis 2000 ans à nous ouvrir à cette Espérance, à cette Foi et à cet Amour qui seuls nous donnent la Paix de Jésus, mieux qui sont la Paix de Jésus, la Paix de Dieu. Nous n’avons pas touché le Seigneur Ressuscité et, en ce monde, il est peu probable que nous le touchions jamais, mais tout en nous aspire à Sa Paix et chacun des dimanches que nous vivons est là pour raviver notre Foi. Chaque Dimanche est pour nous jour du Seigneur Ressuscité, Lui qui vient nous entraîner à sa suite, dans la Vie qui ne finit pas.

Prions pour que cette Foi nous aide, dans toutes nos souffrances, dans tous nos dépouillements, à rester fermement attachés à la personne de Jésus. Il est là comme Il nous l’a promis et Il nous partage Sa Paix.

F. J-M

 

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