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Homélie pour le 33ème dimanche du temps ordinaire 15 novembre 2009 (B) |
La fin de l’année liturgique approche. Dimanche prochain, nous fêterons le Christ, Roi de l’univers, qui la clôturera. La fin d’une année liturgique, c’est l’occasion, comme les textes de ce jour nous y invitent, d’évoquer la fin des temps.
Le livre de Daniel tout d’abord, dans lequel la vision apocalyptique du prophète évoque un temps de salut : « en ce temps-là viendra le salut de ton peuple, de tous ceux dont le nom se trouvera dans le livre de Dieu. » Le salut domine, mais se dessine aussi un jugement plus terrible; et dès avant le jugement : « un temps de détresse comme il y en a jamais eu depuis que les nations existent. » A bien lire cette page, la terre entière est touchée par ce temps de détresse, mais après que Michel, le chef des anges, se soit levé, se trouveront séparés, « les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelle ». Nous pouvons comprendre alors qu’au sein même des pires détresses, le chemin de la vie éternelle reste ouvert et qu’il dépend de nous d’être inscrits « dans le livre de Dieu. »
Jésus aussi, dans la page de Marc, nous parle de la fin des temps. La fin des temps, c’est sa venue : « on verra le Fils de l’homme venir sur les nuées avec grande puissance et grande gloire. » La venue du Fils de l’homme est précédée aussi d’une terrible détresse, à laquelle participe tout le cosmos : « le ciel s’obscurcira et la lune perdra son éclat. Les étoiles tomberont du ciel et les puissances célestes seront ébranlées. » Et voilà que Jésus prononce une parole bien plus surprenante encore : « amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. »
Mais la fin du monde n’a pas eu lieu. La génération de Jésus a survécue et après elle des centaines de générations. Toujours pas de fin du monde.
Jésus se trompe-t-il ? Comment croire ce qu’Il nous dit puisque ce qu’Il annonce n’est pas survenu ? Comment croire en Lui quand lui-même nous dit qu’Il ne connaît pas les desseins du Père ? «Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils mais seulement le Père. »
Croire en la parole de Jésus, croire vraiment qu’Il est « le Chemin, la Vérité et la Vie », c’est chercher à percer le mystère de ces paroles. Et, une image très douce nous conduit à être attentifs à la venue de Jésus, autrement qu’en guettant des signes apocalyptiques dans le ciel. Autrement qu’en prétendant discerner les prémices de la fin du monde dans tel ou tel évènement, si extraordinaire puisse-il paraître.
Cette image, c’est l’image du figuier dont les feuilles tendres repoussent au printemps, à chaque printemps. Nous sommes invités à comprendre alors que la venue du Christ s’opère aussi, petitement, de façon cachée, dans la renaissance à la vie, au cœur même de la mort. L’évènement qu’il nous faut guetter, ce n’est plus un signe extérieur. L’évènement en fait, c’est la petite flamme de l’Espérance, de la Foi, de la Charité, qui, en nous, refuse de se laisser étouffer par la détresse.
Tout au long de cette année liturgique, jour après jour, l’écoute de la Parole nous a portés et nourris. En chacune de nos vies, il y a eu des relèvements après la chute ; il y a eu des demandes de pardon après l’offense ; il y a eu des paroles d’amour, plus fortes que les paroles de haine ; il y a eu une paix fragile, plus forte que la division à laquelle le monde veut nous asservir.
Dans chacun de ces évènements, tout intérieurs, Jésus est venu. Jésus s’est manifesté, petit, faible, peut-être perdant, en apparence, mais vivant ! Le laisser vivre à travers nous, c’est accepter de mourir à nous-mêmes. Cette mort n’est pas facile et là, naît notre détresse.
Et, en effet, la génération de Jésus a vécu cela. Et, après elle, toutes les générations, jusqu’à ce jour. Depuis Sa Venue, partout dans le monde, ceux qui croient en Son Nom apprennent à lire Dieu ainsi, dans leur propre existence comme dans l’existence de chaque homme.
Il n’est pas d’existence humaine dans laquelle et par laquelle le Christ ne cherche à se révéler. Puisse cette année liturgique nous avoir aidés à grandir dans cette certitude.
F. J-M
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