|
Homélie pour le 2ème dimanche du temps ordinaire 18 janvier 2009 (B) |
Ce dimanche, nous entrons de plein pied dans le temps ordinaire et nous avons Jean-Baptiste pour Guide. Tout comme à ses disciples, à nous aussi, ce matin, en ce 1er jour de la semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens, Jean-Baptiste désigne la route à suivre, la vérité à croire, la vie à partager.
Homme épris de liberté, Jean-Baptiste libère ses disciples. Deux d’entre eux, animés d’un grand amour pour lui, d’une grande confiance en lui et d’un désir plus grand encore, suivent et interrogent Jésus que Jean-Baptiste leur désigne comme « l’Agneau de Dieu ».
Leurs cœurs sont prêts à accueillir Jésus ; à la fin de ce premier jour, ils sont capables d’affirmer : « nous avons trouvé le Messie ». Aussitôt, leur foi cherche à se partager, à se dire. André veut partager sa joie avec son frère Simon.
Il ne s’agit pas seulement d’une figure de style si l’un des deux disciples n’est nommé qu’après sa rencontre de Jésus. Croire en Jésus achève son identité; appelé par son nom, André devient une personne à part entière en reconnaissant Jésus comme le Messie.
L’évangéliste Jean va plus loin encore en nous montrant Jésus, « posant son regard sur » Simon. Pour le faire naître à une vie nouvelle, Il lui donne le nom de Képhas, ce qui veut dire ‘Pierre’ : « tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Képhas ». Jésus ne supprime rien de ce qu’il était déjà ; Il respecte son histoire, sa liberté. Mais, avec Jésus, la vie de Simon va prendre une telle orientation qu’elle devient comme une seconde naissance qui appelle un nouveau baptême.
Nommer une personne, l’appeler par son nom, affirmer son identité, c’est la faire « être ». « Etre » quelqu’un sous entend disposer d’une certaine unité intérieure, échapper à une dispersion mortifère qui fait que l’on ne sait plus qui l’on est et que les autres ne savent plus à qui ils ont affaire.
L’évangéliste nous enseigne ainsi l’un des premiers pas vers le Royaume que Jésus va annoncer et dans lequel Il nous invite à avancer : devenir une personne à part entière et pour cela, nous unifier avec Jésus et en Lui.
Personne n’emprunte seul ce chemin d’unification intérieure, jamais.
La première lecture nous l’a démontré clairement avec Samuel. Il est bien l’un des plus grands prophètes de la Bible ; et dans un psaume, il est même mis sur un pied d’égalité avec Moïse : « Moïse et Aaron, Samuel le suppliant… » Pourtant, pour répondre à l’appel du Seigneur, il a eu besoin de l’aide du prêtre Elie, il a eu besoin d’un guide.
Dans l’évangile de Jean aussi, les deux disciples ont besoin d’entendre Jean-Baptiste désigner Jésus comme l’Agneau de Dieu pour se décider à l’interroger.
Sans l’appel de son frère André, Simon Pierre serait-il allé vers Jésus ?
Jésus Lui-même, nous l’avons entendu Dimanche dernier, est allé vers Jean-Baptiste pour se faire baptiser et s’entendre ainsi confirmé dans Son appel par Son Père.
Aucun d’entre nous n’est venu dans cette église ce matin sans avoir été appelé, guidé, influencé, par un père, une mère, un frère, une sœur, un ami.
Etre ici, ce matin, dans ce lieu, pour prier ensemble est déjà une réponse à notre vocation ; pour tout homme qui se réclame du Christ, il s’agit de se vivre « membres du Christ » par tout son être, comme nous y invite l’Apôtre Paul.
Oui, notre Unité, c’est le Christ, c’est Jésus. Unité personnelle, toute intérieure qui, dans sa beauté, nous pousse à nous écrier « ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi ! ». Mais unité qui se dessine toujours dans un chemin de fraternité : nous ne sommes « un » que si nous sommes plusieurs, ensemble avec le Christ, dans l’Amour du Christ.
Fr. J -M
Fermer la fenêtre
Haut de page ![]()