Homélie pour le 2ème dimanche de Pâques

19 avril 2009 (B)

 

Aujourd’hui que ceux qui ont du mal à vivre, à croire, à aimer écoutent bien, les textes sont pour eux. Car l’œuvre du Seigneur, dit le psaume du jour, c’est que ce qui est sans valeur à nos yeux, Dieu veut en faire son chef d’œuvre ! De la mort honteuse du Christ en croix, il en tire la plus grande victoire sur le mal et la mort. Dieu retourne le tapis, et un dessin apparaît, le dessein de Dieu, la merveille devant nos yeux ! la pierre rejetée des bâtisseurs est de venue la pierre d’angle !

La miséricorde, c’est la qualité extrême de son amour, qui va jusqu’au plus rejeté, au plus souffrant, au plus grand pêcheur, et à l’intérieur de nous, la miséricorde s’adresse à la partie de nous-mêmes que nous rejetons, la partie la plus blessée, la plus souffrante. La miséricorde, c’est le secret le plus intime de Dieu, en hébreu ce sont ses entrailles maternelles, avec une image plus moderne on peut dire que c’est l’ADN de Dieu !

Dés le premier homme et le premier pécheur, l’homme a pu expérimenter la miséricorde de Dieu : le Père habille Adam et Ève qui sont dans la honte, et il leur promet déjà un sauveur. Plus étonnant encore, Jésus leur annonce que Dieu  va leur obéir : pardonnez, remettez les péchés, et Dieu pardonnera ! Sinon, Dieu ne pardonnera pas. Quelle confiance, quelle responsabilité ! Alors que Jésus vient de mesurer l’immense faiblesse des hommes !

Mais il manquait Thomas ce jour là. Thomas, les évangiles le répètent avec insistance, signifie jumeau, et à l’époque les jumeaux étaient source de conflits redoutables. Remus et Romulus se sont entretués. Jacob et Esaü se sont disputés le droit d’aînesse presque toute leur vie…les jumeaux étaient considérés comme dangereux et, pour certains, comme maudits. Et Thomas en effet se comporte comme un homme blessé dans ses relations, il ne peut pas faire confiance à ses frères et les croire sur la résurrection de Jésus.

Jésus apparaît le dimanche suivant et de suite montre sa miséricorde à l’homme blessé : « avance ton doigt ici ! » …regarde si je n’ai pas été moi aussi rejeté et maudit par les hommes… mais c’était pour toi ! Thomas est touché et transformé par la miséricorde, il ressuscite à la confiance, il est le premier à dire : « tu es mon Seigneur et mon Dieu ! »

Ces 11 hommes touchés par la miséricorde seront bientôt remplis du Saint Esprit que Jésus demande pour eux. Ils deviendront capables de vivre en vérité et de dire cette vérité : en particulier de partager tous leurs biens, comme les moines le font aujourd’hui, et nous savons que notre terre produit assez pour nourrir tous les hommes, si l’homme sait partager et recycler.

Et capables de répandre dans le monde cette vérité vécue, cette bonne nouvelle de la miséricorde plus forte que tout mal, sa confiance plus grande que nos peurs et nos faiblesses.

Dieu  choisit des témoins de sa miséricorde, mais ses choix sont étranges. Un évêque vietnamien disait :

« Dieu avait besoin d’un père pour son peuple, d’un homme plein de force. Il choisit un vieillard. Alors, Abraham se leva.

Dieu avait besoin d’un porte parole. Il choisit un timide qui bégayait. Alors, Moïse se leva.

Dieu avait besoin d’un chef pour conduire son peuple. Il choisit le plus petit, le plus jeune. Alors, David se leva.

Il avait besoin d’un roc pour poser l’édifice. Il choisit un fanfaron, un renégat. Alors, Pierre se leva.

Il avait besoin d’un visage pour dire aux hommes son amour. Il choisit une prostituée. Ce fut Marie de Magdala.

Il avait besoin d’un témoin pour crier son message d’amour. Il choisit un persécuteur. Ce fut Paul de Tarse.

Il a besoin de quelqu’un pour que son peuple se rassemble et aille vers les autres, ceux qui souffrent, ceux qui ont peur. Il t’a choisi, toi qui fais l’expérience de sa miséricorde. Même si tu trembles, ne pourrais-tu pas te lever ? » …et t’appuyer sur sa force à lui !

P. J. R. Diacre

 

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