Présentation des Laïcs Associés de la Communauté Cistercienne de

Ste Marie du Désert

                                         

 

Notre présentation se fera en trois parties :

 

I Historique

II Les documents constitutifs

III Aujourd’hui

 

I Historique

 

Il existait depuis plusieurs dizaines d’années une association d’amis dont les buts étaient conséquences des lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat, en France, au début du siècle. Personne ne souhaitait la voir disparaître, mais il était évident qu’elle devait évoluer.

Pendant quelques années (1999-2003) quelques rencontres nous permirent de sentir que quelque chose était désiré, mais, en même temps, on ne savait pas quoi exactement.

En Décembre 2003, une réflexion profonde s’engageait entre quelques laïcs plus impliqués dans la vie du groupe de laïcs, et la communauté représentée par son Abbé et Fr Pierre-André.

Voici ce que nous écrivions à l’époque de nos tâtonnements :

« Beaucoup de laïcs se sentent attirés, et retenus, par « quelque chose’ à Ste Marie du Désert ». Dans quelques abbayes cisterciennes existent des « laïcs associés », groupés pour mettre en commun leur approche de telle ou telle abbaye. L’idée a germé de mettre à profit l’existence de notre association de manière à permettre aux laïcs, amis de Ste Marie, de se rencontrer, et, pourquoi pas, de passer d’association d’amis à quelque chose comme des laïcs associés…….nuance sémantique ?? Pas seulement ! En effet à ce stade de la réflexion, nous devons nous poser quelques questions sur ce que nous voulons être, et donc aussi, ce que nous ne voulons pas être, savoir si notre projet attire, s’il est viable, et si la communauté de Ste Marie y souscrit. Tout d’abord, ce que nous ne voulons pas être : des laïcs qui jouent au moine ou à la moniale ! ! Attention à la tentation de faire de l’à peu près ; cela ne respecterait ni la vocation de nos amis religieux, ni la nôtre, de baptisés vivant dans le monde. Et Dieu sait que ce n’est pas toujours facile !! Non, pas d’imitation superficielle, mais la quête d’une nourriture qui nous aide à mieux vivre notre amour de Jésus où que nous soyons, nourriture spirituelle qui demande un certain effort pour se laisser approcher. Mais est-il besoin de laïcs associés pour cela ? Pas nécessairement. Nous pouvons séjourner, nous retirer, prier, lire les auteurs cisterciens, rencontrer un moine, bref, tout cela est déjà à notre portée. En conséquences, si nous pensons à des « laïcs associés » il faut que ce soit pour un « plus ». Quel pourrait-il être ? Ensemble, nous pouvons nous approcher, comme Fr Pierre-André nous y a invités en Décembre du trésor littéraire cistercien. Moyen irremplaçable de comprendre, de nous imprégner de cette spiritualité cistercienne qui nous réunit dans cette abbaye, qui nous y fixe, et dont, seuls, isolés, nous ne pouvons probablement pas percevoir toute la richesse. Voilà donc le projet de notre association d’amis. Pour achever sa mutation, elle devrait attirer des laïcs, certes, mais aussi la communauté monastique. Cette dernière trouverait là une forme de relation avec le monde ne correspondant peut être pas à sa vocation première, mais peut-on refuser de rencontrer ceux pour qui on prie et qui demandent à partager un peu de ses richesses ? »

 

Après ce long travail de mûrissement, nous nous retrouvions au mois de Mai 2004. Fr Pierre-André nous présentait un texte qui reprenait toutes nos orientations et projets (cf doc 1) Durant ce week-end là, le « feu a pris ». Nous étions heureux. Environ 25 personnes autour de la table réalisaient qu’elles avaient quelque chose d’important à vivre.

Le principal guide de nos réflexions devint le mot ‘engagement’. Non pas dans le sens d’un engagement « spectaculaire », mais plutôt dans le sens du ‘respect de la parole donnée’. Se sentir responsable de ce que je vis, m’engager vis-à-vis de moi-même, vis-à-vis des autres personnes du groupe, vis-à-vis de la communauté monastique qui nous reçoit et nous accompagne, et surtout, vis-à-vis du Seigneur, Présent au cœur de tout cela.

Nous décidons de préparer notre rencontre de Novembre 2004, à partir de la lecture méditée d’un sermon de St Bernard pour l’Assomption, sur l’Evangile de St Luc, de Marthe et Marie.

Nous sommes tous désireux de faire des efforts personnels, de les partager, de ne pas vivre ces rencontres passivement, comme des élèves qui se contenteraient d’écouter, de l’extérieur ou comme à distance, un enseignement magistral donné par quelque expert. C’est là en effet une tentation contre laquelle il a fallu et contre laquelle il faut sans cesse résister, au risque de ne faire de notre groupe qu’un cercle d’étude…

Notre désir profond, c’est tout le contraire : c’est de trouver, dans le patrimoine spirituel de Cîteaux, une nourriture pour notre vie quotidienne…

Nous y serons aidés par l’aventure vécue lors du pèlerinage de Rome, pour la béatification de Marie-Joseph Cassant, où plusieurs d’entre nous ont pu se rendre. Des liens se tissent et se resserrent.

La réussite de la rencontre de Novembre, où nous célébrons les défunts de l’Ordre au cours de la messe du Samedi matin, nous pousse à mener une réflexion approfondie sur l’intérêt et la nécessité qu’il y aurait à rédiger une Charte (cf. doc 2).

Elle est prête début 2005.

Dans le même temps, sur le plan légal de l’administration française, nous rédigeons les Statuts constitutifs de notre nouvelle Association. Ils seront officialisés au Journal Officiel du 26 Janvier 2005.

 

II Les documents constitutifs

 

Comme précisé ci-dessus, ils sont joints en annexe.

Ils ne seraient pas ce qu’ils sont sans le travail fourni par Fr Pierre-André qui nous a servi de base. Sans lui, nous aurions certainement mis beaucoup plus de temps pour écrire aussi clairement, nos buts, nos désirs, les bornes dans lesquelles nous pouvions évoluer. Nous avons tous travaillé beaucoup à partir de cette « maquette ».

En voici les éléments essentiels.

I. Inscrire notre association dans la perspective d’église et, plus particulièrement sous l’angle de la spiritualité de communion, mise en valeur par l’ecclésiologie post Vatican II

II. Préciser les buts : des temps de rencontre, pour éclairer notre vie, dans un climat de prière, en vue de faire de nos vies une eucharistie. (avec trois verbes clé : prier, chercher, échanger)

III. Situer la place et le rôle de la communauté monastique qui nous accompagne dans notre démarche

IV. Enfin situer notre groupe par rapport au mouvement des laïcs cisterciens.

Grâce à cette charte, nous avions désormais posés les fondements de notre association. Il s’agissait maintenant d’en vivre l’esprit.

Nous avons souhaité le faire en « interrogeant » le traité d’Ælred sur l’amitié spirituelle. Nous avons consacré chacune des trois rencontres de l’année 2005 à chacun des trois livres de ce traité qui fait maintenant partie de notre histoire.

 

III Aujourd’hui.

 

Dès le mois de Mai 2004, afin de pouvoir respecter notre désir d’engagement, nous décidions de ne pas multiplier nos rencontres, et d’établir un calendrier suffisamment à l’avance, permettant, sauf cas de force majeur, de se rendre présent.

C’est à une expérience de vie que nous sommes conviés ; aussi chacun doit-il essayer de se rendre présent durant les deux journées de rencontre.

Ainsi nous partageons les temps des Offices, les temps d’Oraison, mais aussi les temps de repas, de vaisselle, etc.. Si possible, la nuit se passe à l’Abbaye.

Le groupe n’a subi que peu de modifications ; quelques-uns sont partis, d’autres sont arrivés. Le nombre de participants a sensiblement augmenté.

Deux amies nous ont quittés : l’une est devenue postulante dans une abbaye de moniales, l’autre est décédée. Nous en reparlerons.

Nous avons trois rencontres par an que chacun est invité à préparer avant que l’on se retrouve, en rédigeant une brève « communication » dans laquelle nous tâchons, chacun, d’exprimer la substance de ce nous avons pu approfondir personnellement à partir des textes qui ont été retenus pour nos rencontres (l’an dernier, comme je l’ai déjà dit, c’était l’amitié spirituelle d’Ælred, cette année, c’est une lettre de Dom Bernardo sur la mystique)

Durant les WE où nous nous retrouvons, les temps de travail se partagent entre séance plénière et travail en petits groupes. Chaque rencontre donne lieu à l’établissement d’un compte-rendu.

La préparation des rencontres, ainsi que celle des comptes-rendus, se fait par un travail d’équipe. Cette équipe est surnommée le G7 : trois frères, dont le Père Jean-Marie, Abbé du Désert, et quatre laïcs.

Que vivons-nous ?

Dans nos rencontres : beaucoup de liberté de parole, de réflexion, la certitude de se savoir écouté sans être jugé. Nous découvrons toujours davantage le plaisir d’être ensemble, de pair avec la frustration du ‘toujours trop court’. Nous sommes toutefois préservés de l’angélisme qui pourrait nous guetter, n’étant pas appelés à vivre ensemble, et donc échappant aux rugosités de la vie en commun. En effet, nous nous sentons témoins de cette vie de communauté, nous partageons les épreuves des frères, nous sommes participants des grands évènements de la vie de la communauté, dans le respect de la clôture. De plus en plus nous sentons que nos liens relèvent de l’amitié. Amitié entre nous qui se reflète sur notre amitié pour les frères. Par cette amitié partagée, nos liens avec la communauté se renforcent. Nous nous sentons ainsi comme mutuellement responsables les uns des autres, au sens d’une réelle préoccupation que nous avons pour ce que l’autre vit.

Dans nos vies quotidiennes, c’est l’acquisition progressive d’une stabilité, liée au fait que nous avons un « lieu source » où nous pouvons aller puiser. Chacun le décline selon son état de vie, ses liens avec tel frère, sa profession, etc…

Pour l’instant, nous n’avons jamais senti le désir que notre vie personnelle se structure autrement que par ces rencontres, le travail que nous faisons entre les rencontres, et les évènements fortuits que nous sommes appelés à partager. Ainsi, par exemple, nous n’envisageons absolument aucune forme d’engagement « officiel » (telle que l’oblature ou autres choses de ce genre).

Pour donner un exemple de cette « participation » de chacun à ce que vit l’autre, il nous a été donné de partager un évènement particulièrement frappant le Dimanche de Pâques. Trois d’entre nous, dont le Père Jean-Marie, se sont rendus au chevet d’Isabelle. Membre de notre groupe, elle était fort malade, nous savions son évolution péjorative. Arrivés auprès d’elle, nous avons partagé cet instant très particulier de la vie qu’est la mort. Nous avons été témoins que ce qu’elle avait vécu auprès de l’Abbaye de Ste Marie du Désert relevait de l’essentiel de son être. Elle nous a confirmé, nous l’avons confirmée.

Un autre exemple de ce souci du « lien », c’est la création d’un « livre témoin » de ce qui est vécu : quiconque souhaite communiquer quelque chose aux autres membres du groupe sur ce qu’il a vécu ou réfléchi à la suite d’une rencontre, peut le faire. Les courriers ainsi envoyés sont « archivés » par le frère hôtelier et mis à la disposition des membres du groupe, de passage au monastère, hors temps de rencontre commune.

 

Marie-Christine

 

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